Un bac à sable historique piloté par l’IA

Pax Historia est un jeu web né d’un hackathon, imaginé par deux colocataires de faculté, Eli Bullock-Papa et Ryan Zhang. Le principe : incarner un pays à une époque donnée et réécrire l’histoire en langage naturel. Au lieu de menus déroulants, le joueur tape ses intentions – alliance, menace, négociation, déclaration de guerre – et l’intelligence artificielle génère la réponse de la nation adverse, comme le ferait une véritable chancellerie. Le moteur repose sur un grand modèle de langage (LLM) qui adapte chaque réaction en temps réel, ouvrant un champ des possibles bien plus large qu’un jeu de stratégie classique.

Un monde qui réagit à chaque mot

Dans Pax Historia, le ton employé par le joueur a un impact direct sur les relations diplomatiques. Un message construit et diplomatique permet de tisser des liens, tandis que des menaces creuses transforment rapidement les voisins en ennemis. Les frontières se déplacent sur la carte, de nouveaux foyers de tension apparaissent, et le monde évolue au fil des actions. Le jeu propose plusieurs modes : les temps modernes, la Seconde Guerre mondiale, mais surtout plus de quatre mille scénarios créés par la communauté, classés en catégories – Historical, Alt-Historical, Historical Fiction, Fantasy, Science-Fiction – permettant d’explorer des uchronies ou des univers totalement inventés.

Personnalisation et progression temporelle

Le joueur peut également avancer dans le temps pour observer l’effet papillon de ses décisions. Un mode « Play as anything » permet d’incarner n’importe quelle entité, d’une cité-État imaginaire à une faction fictive. Le mode Create intègre un éditeur de carte où l’on dessine des régions, les attribue à des pays, et fixe le contexte historique et diplomatique de départ. Le jeu offre plusieurs niveaux de difficulté, de Very Easy à Impossible, avec un mode Normal calibré pour rester réaliste.

Des modèles d’IA multiples et une économie de tokens

Pax Historia utilise une trentaine de modèles de langage via OpenRouter, incluant ceux d’OpenAI, d’Anthropic, de Google, ainsi que des modèles open source. Plus le modèle est puissant, plus il consomme de tokens, ce qui peut interrompre une partie si le crédit est épuisé. Le jeu étant encore en alpha, les développeurs recommandent de commencer avec les options les moins onéreuses. La victoire dépend en grande partie de la capacité à argumenter : il s’agit en somme de prompt engineering déguisé en jeu de stratégie. Le revers de la médaille est une malléabilité encore trop grande de l’IA, qui peut être convaincue de presque tout avec la bonne formulation.