Selon les données compilées par Amnesty International, l’Iran a exécuté au moins 2 159 personnes en 2025, soit 80 % des 2 707 exécutions recensées dans le monde (hors Chine). Ce chiffre représente plus du double des exécutions enregistrées en 2024, qui s’élevaient à 972. L’organisation de défense des droits humains souligne que la République islamique utilise la peine de mort comme un instrument de répression politique.

Une nette accélération après le conflit avec Israël

Le rapport met en évidence un changement brutal à partir du mois de juin 2025. Avant la guerre de douze jours qui a opposé l’Iran à Israël, 654 exécutions ont été recensées. Après ce conflit, le rythme s’est emballé : 1 505 personnes ont été mises à mort. Cette hausse coïncide avec une intensification de la contestation sociale et des mouvements de protestation.

Didier Idjadi, sociologue au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et lui-même réfugié iranien, analyse cette tendance : « La majorité des personnes exécutées le sont pour des motifs politiques. Le régime a profité de la guerre pour liquider davantage ses opposants. »

Des exécutions pour des motifs divers

Près de la moitié des exécutions en Iran en 2025 concernent des infractions liées aux stupéfiants. Cette proportion a doublé par rapport à 2024. Par ailleurs, selon l’ONU, au moins 21 personnes ont été exécutées depuis fin février 2025 pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale.

Une répression qui ne parvient pas à étouffer la contestation

Malgré l’ampleur de la répression, la société iranienne continue de se mobiliser. Didier Idjadi estime que « malgré l’objectif du régime qui consiste à étouffer la société, cela ne peut pas empêcher la contestation de la part du peuple iranien ». Des manifestations ont éclaté début février 2025 et se sont poursuivies parallèlement au conflit régional.

Le rapport d’Amnesty International intervient dans un contexte où l’Iran fait face à une pression internationale accrue, notamment en raison de sa politique intérieure répressive et de ses tensions avec les États-Unis et ses voisins du Golfe.