Trois collectifs de défense de l'environnement ont engagé une action en justice contre l'État français, l'accusant d'inaction face à la contamination généralisée par les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), surnommées « polluants éternels ». Générations futures, Notre affaire à tous et Bloom ont saisi le tribunal administratif de Paris, demandant que l'État soit « condamné à agir pour faire cesser la pollution », selon un communiqué commun.
Les requérants demandent au juge d'enjoindre l'État à « faire cesser le préjudice écologique » par des mesures concrètes, notamment « la cessation de tous les rejets de PFAS dans l'environnement ». Ils réclament également la « réparation du préjudice écologique » via la mise en place de dispositifs pollueur-payeur destinés à couvrir les frais de dépollution.
« L'inaction de l'État est d'autant plus grave que les connaissances scientifiques sur l'omniprésence des PFAS dans l'environnement et leur toxicité sont disponibles depuis de nombreuses années », a déclaré Pauline Cervan, toxicologue et responsable scientifique chez Générations futures.
Outre le préjudice écologique, les collectifs demandent la réparation du préjudice d'anxiété pour six victimes vivant à proximité de zones particulièrement contaminées — appelées « hot spots » —, à Rumilly et autour de Mulhouse. Dans ces secteurs, les habitants subissent des restrictions importantes : impossibilité de boire l'eau du robinet, de consommer des fruits et légumes de leur jardin, ainsi qu'un stress permanent lié à la contamination.
Une exposition régulière aux PFAS augmente les risques cardiovasculaires, de perturbations endocriniennes et de cancers, rappellent les associations. Les collectifs insistent sur la nécessité de reconnaître ces atteintes à la santé et à la qualité de vie des riverains des sites de production.
Cette action judiciaire intervient alors que la présence des PFAS est détectée dans l'air, l'eau, les sols et les organismes humains à travers le pays. Les trois organisations espèrent que cette procédure obligera l'État à prendre des mesures structurelles, au-delà des engagements déjà pris au niveau européen. Le tribunal administratif de Paris est désormais saisi de la requête, dont l'issue pourrait créer un précédent dans la gestion des pollutions chimiques en France.