Selon un sondage d'opinion rendu public cette semaine, plus de la moitié des Vénézuéliens se déclarent favorables à une dollarisation complète de l'économie du pays. Cette adhésion massive à l'abandon du bolivar intervient alors que le taux d'inflation annuel dépasse les 600 %, l'un des plus élevés au monde.
Un soutien populaire à la mesure radicale
L'enquête, menée auprès d'un échantillon représentatif de la population, indique que 52 % des personnes interrogées soutiennent l'idée de remplacer la monnaie nationale par le dollar américain comme seul cours légal. Ce chiffre reflète un profond mécontentement face à l'hyperinflation qui érode le pouvoir d'achat des ménages et paralyse l'activité économique depuis plusieurs années.
La dollarisation de facto déjà en place
Bien que le bolivar reste la monnaie officielle, l'économie vénézuélienne s'est largement dollarisée de manière informelle. Les transactions en dollars, tant en espèces que par virement, sont devenues courantes dans les commerces, les restaurants et même pour les salaires de certains secteurs. Cette pratique a permis une relative stabilisation des prix dans les biens libellés en devise étrangère, tandis que les prix en bolivars continuent de flamber.
Les enjeux d'une réforme monétaire
Les partisans de la dollarisation avancent qu'elle permettrait de couper court à la spirale inflationniste et de rétablir la confiance des investisseurs. En abandonnant sa propre monnaie, le Venezuela renoncerait toutefois à sa politique monétaire et à la possibilité de financer le déficit public par la planche à billets, une pratique qui a alimenté l'inflation. Les opposants, quant à eux, soulignent la perte de souveraineté que représenterait une telle décision et les difficultés à maintenir des réserves suffisantes en dollars pour approvisionner l'économie.
Un contexte politique et économique tendu
Le gouvernement, qui contrôle l'Assemblée nationale et les principales institutions, n'a pas encore officiellement commenté ce sondage. Cependant, la question de la dollarisation divise au sein même du pouvoir. Certains responsables ont évoqué la possibilité d'une réforme monétaire, tandis que d'autres défendent le maintien du bolivar comme symbole de souveraineté nationale.
Les indicateurs économiques restent préoccupants. Le produit intérieur brut a chuté de près de 80 % depuis 2014, et des millions de Vénézuéliens ont quitté le pays. La production pétrolière, principal atout économique du pays, est elle-même en déclin constant. Dans ce contexte, le débat sur la dollarisation s'impose comme l'un des enjeux majeurs pour l'avenir économique du Venezuela.