Le paysage de la cybersécurité connaît un basculement historique. Alors que la Banque centrale européenne réunit les banques de la zone euro pour les sensibiliser aux risques, une étude du cabinet Sia Partners, dévoilée le 27 mai 2026, dresse un constat alarmant : le modèle d'intelligence artificielle Claude Mythos, développé par Anthropic, bouleverse l'équilibre entre attaquants et défenseurs.

Un rapport de force inversé

Selon les conclusions de l'étude, si Claude Mythos tombait entre des mains malveillantes, le coût d'une cyberattaque s'effondrerait tandis que celui de la défense resterait quasiment inchangé. Le cabinet évalue l'avantage concédé aux attaquants à un ratio de 100 contre 1. « Pour la première fois, attaquer revient moins cher que se protéger », résume l'étude, citée par Les Échos.

Cette asymétrie inédite entre le glaive et le bouclier est directement attribuée aux capacités de Claude Mythos. Le modèle, pour l'instant réservé à un groupe restreint de grandes entreprises réunies sous l'égide de Glasswing, est capable d'analyser en quelques heures des décennies d'anciens codes informatiques. Les grandes banques découvrent ainsi l'ampleur de leurs vulnérabilités face à cette IA.

Des centaines de failles révélées

L'étude révèle que les banques et les entreprises sont confrontées à la découverte de centaines de failles de sécurité, mises au jour par la puissance d'analyse de Claude Mythos. Ce constat sévère intervient dans un contexte où l'Europe n'a toujours pas accès au modèle, ce qui pourrait accentuer le retard du continent en matière de défense cyber.

La convocation des banques de la zone euro par la Banque centrale européenne témoigne de l'urgence perçue par les autorités monétaires. Les établissements financiers, qui figurent parmi les cibles privilégiées des cyberattaques, mesurent soudainement l'étendue des risques qu'ils encourent.

Un modèle controversé

Claude Mythos, développé par la start-up américaine Anthropic, est présenté comme un modèle d'IA générative de dernière génération. Sa capacité à traiter et analyser des volumes massifs de code source en un temps record en fait un outil redoutable entre les mains d'experts en sécurité, mais aussi potentiellement pour des pirates.

L'initiative Glasswing, qui fédère certaines des plus grandes entreprises mondiales autour de l'accès à Claude Mythos, suscite des interrogations. Les critères d'accès au modèle et les mesures de sécurité entourant son utilisation restent flous, selon les informations disponibles.

Un avertissement pour les entreprises

L'étude de Sia Partners constitue un avertissement pour l'ensemble du tissu économique. Alors que les cyberattaques se multiplient et se sophistiquent, l'arrivée de Claude Mythos pourrait précipiter une crise de confiance dans les systèmes informatiques existants.

Les experts appellent à une prise de conscience rapide. « Les organisations doivent repenser leurs stratégies de défense », indiquent les auteurs de l'étude, qui recommandent une approche proactive face à cette nouvelle donne technologique.

L'asymétrie identifiée par Sia Partners pose la question de l'équilibre futur entre innovation et sécurité. Alors que l'intelligence artificielle ouvre des perspectives inédites en matière d'analyse et de détection des menaces, elle crée aussi des vulnérabilités d'une ampleur jusqu'alors inconnue.