Une menace grandissante et sous-estimée

La misogynie est de plus en plus présente comme moteur des attaques perpétrées par des extrémistes d’extrême droite, selon des analyses récentes. Pourtant, ce facteur reste largement ignoré par les services de renseignement et les chercheurs, qui concentrent leurs efforts sur d’autres idéologies comme le suprémacisme blanc ou l’islamophobie. Des experts estiment que la haine des femmes n’est pas simplement un « effet de bord », mais un élément central de la radicalisation violente chez certains hommes.

Un lien direct avec des actes violents

Des enquêtes menées aux États-Unis montrent que plusieurs auteurs d’attaques de masse récentes partageaient des discours violemment misogynes en ligne avant de passer à l’acte. Les cibles ne sont pas uniquement des femmes, mais des symboles perçus comme féminins ou des lieux où les femmes sont actives, comme des mosquées ou des centres communautaires. Par exemple, un homme armé a attaqué une mosquée à San Diego en 2026, et les enquêteurs ont découvert qu’il avait publié des messages en ligne appelant à « éliminer les femmes ». Ce type de profil, mêlant haine des femmes et haine des minorités, est en augmentation.

Un angle mort dans la lutte antiterroriste

Plusieurs rapports d’organismes de sécurité indiquent que la misogynie est souvent reléguée au second plan dans l’évaluation des menaces. Les autorités peinent à identifier les signes avant-coureurs, car les discours misogynes ne sont pas toujours considérés comme politiques. Les chercheuses spécialisées dans l’extrémisme soulignent que la haine des femmes est un « liant » idéologique qui renforce d’autres formes de haine, comme le racisme ou l’antisémitisme. Ignorer cette dimension reviendrait à sous-estimer la menace globale de l’extrême droite.

Des appels à une meilleure reconnaissance

Des groupes de défense des droits des femmes et des experts en radicalisation demandent aux gouvernements et aux agences de sécurité de prendre en compte la misogynie dans leurs analyses. Ils plaident pour une formation spécifique des forces de l’ordre, afin de détecter les signes de radicalisation qui passent par des discours anti-femmes. Sans cette prise de conscience, des attaques pourraient continuer à se produire sans être correctement anticipées.