Le président russe Vladimir Poutine a signé un décret accordant une remise de dettes aux nouvelles recrues de l'armée, alors que Moscou poursuit ses efforts pour renforcer ses forces armées dans le cadre de l'invasion de l'Ukraine.
Détails du décret
Selon le décret, signé lundi, les recrues qui ont signé un contrat à partir du 1er mai de cette année verront leurs dettes annulées jusqu'à 10 millions de roubles (environ 119 646 euros, soit 139 273 dollars). Cette mesure couvre non seulement les recrues elles-mêmes, mais aussi leurs conjoints.
Pour bénéficier de cette exemption, le contrat avec l'armée doit être d'une durée d'au moins un an. Le contrat doit également être destiné à « remplir les tâches de l'opération militaire spéciale », terme utilisé par le Kremlin pour désigner son invasion à grande échelle du pays voisin. Les dettes doivent par ailleurs avoir été contractées avant le 1er mai.
D'après la base de données immobilière russe Cian, 10 millions de roubles correspondent approximativement au prix d'un appartement d'une pièce de 35 mètres carrés à Moscou.
Une série d'avantages pour les recrues
Depuis plus de quatre ans, la Russie propose déjà des salaires lucratifs aux hommes qui s'engagent à combattre dans les forces menant l'offensive contre l'Ukraine. Le président Poutine a également appelé à ce que les anciens combattants de la guerre en Ukraine se voient offrir des postes prestigieux en Russie à leur retour du front. Les vétérans doivent également bénéficier d'une priorité lors des candidatures à l'université ou aux établissements d'enseignement supérieur.
L'économie russe est désormais sur un pied de guerre et les besoins militaires priment sur les autres secteurs.
Une loi sur les déploiements armés à l'étranger
Vladimir Poutine a également promulgué lundi une loi autorisant le déploiement de forces armées en dehors de la Russie pour protéger les citoyens russes confrontés à la justice dans d'autres pays.
Selon des informations rapportées, cette loi permettrait à Moscou d'intervenir militairement dans des pays tiers où la liberté de citoyens russes serait menacée par des procédures judiciaires ou des arrestations menées sans l'autorisation de la Russie ou en dehors du droit international.
Le chef du comité de défense du Parlement russe, Andreï Kartapolov, a déclaré que cette législation permettrait à Moscou d'intervenir dans des cas comme celui de l'architecte russe Alexandre Butyagin. Ce dernier avait été arrêté en décembre 2025 en Pologne à la demande de Kiev pour avoir effectué des fouilles en Crimée, annexée illégalement par la Russie en 2014. Il a été libéré en avril dans le cadre d'un échange de prisonniers entre l'Ukraine et la Russie.