Dans le petit village de Mur-de-Barrez, en Aveyron, Gabriel Attal a officialisé ce vendredi sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Le secrétaire général de Renaissance, âgé de 37 ans, a fait cette annonce en réponse à une question du maire de la commune, Pierre Ignace. Une scène qui rappelle celle de Jacques Chirac en 2002, répondant à la maire d’Avignon.

Une déclaration au cœur de la ruralité

Gabriel Attal a souhaité donner à sa déclaration une forte charge symbolique. La place du village a été transformée en scène de meeting, avec des bancs disposés au milieu et un immense drapeau français déployé sur le mur d’une maison. « Parce que j'aime profondément la France et les Français, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République », a-t-il déclaré, plaçant sa campagne sous le signe de l'optimisme.

Le candidat a justifié ce choix de lieu en expliquant vouloir faire sa déclaration « au milieu des Français ». « Je ne conçois la politique que dans ce type d'exercice. Le jour où la politique se cantonne aux ministères, elle s'arrête », a-t-il plaidé. Arrivé en fin de matinée, il a d'abord rencontré le maire, puis des agriculteurs aveyronnais rencontrés au Salon de l'Agriculture, à qui il avait promis une visite.

Casser une image parisienne

Ce choix de la ruralité vise à contrer son image de candidat parisien, forgée par son passage à l’École alsacienne et une carrière politique menée dans les cabinets ministériels, à l’Assemblée nationale et au gouvernement. Le maire de Mur-de-Barrez a vu dans ce déplacement un hommage à la ruralité. L'Aveyron est un territoire ami pour Renaissance, qui y a remporté plusieurs municipalités, dont celle de Rodez.

Samedi, Gabriel Attal doit se rendre à la Transhumance de l’Aubrac. Un geste qui n’a pas manqué de faire réagir : « Pour se sortir de son image de Parisien, il choisit le truc le plus caricatural en allant voir les vaches. Il n'assume pas d'être Parisien », a taclé un député centriste.

Une candidature mûrie et accélérée

Si sa candidature ne faisait plus de doute depuis plusieurs mois, elle s’est accélérée après la publication de son livre « En homme libre ». Le premier grand meeting de sa campagne est prévu le 30 mai à Paris. « Il voulait que ce soit le premier meeting du candidat et non celui du secrétaire général de Renaissance », a confié un proche.

À Mur-de-Barrez, Gabriel Attal était accompagné de quelques soutiens, parmi lesquels les députés Marie Lebec, Pieyre-Alexandre Anglade et Paul Midy, ainsi que Franck Riester, secrétaire général adjoint du parti. Cependant, sa candidature est loin de faire l’unanimité au sein de Renaissance. Plusieurs poids lourds, comme Élisabeth Borne ou Yaël Braun-Pivet, ont indiqué qu’elles ne participeraient pas au meeting du 30 mai.

Des thèmes de campagne sans aspérité

Devant les quelques dizaines d’habitants, le candidat a abordé plusieurs thèmes : santé, éducation, intelligence artificielle, difficultés des vétérinaires. Debout, en costume-cravate sous un soleil de plomb, il a répondu aux questions posées, toutes bien cadrées et formulées poliment. Chaque sujet est devenu une « préoccupation » ou une « priorité », sans jamais oublier de rappeler les fonctions ministérielles exercées.

Interrogé sur les retraites, personne n’a dénoncé le relèvement de l’âge de départ à 64 ans adopté en 2023, mais plutôt regretté la suspension de la réforme. Une absence de « la moindre aspérité » voulue par l’entourage du candidat.

Une campagne « pied au plancher »

L’entourage de Gabriel Attal promet une campagne « pied au plancher », visant à occuper le terrain et marquer l’opinion. Dans une position de challenger dans les sondages, comparable à celle d’Emmanuel Macron en 2017, il mise sur les premières semaines pour faire la différence avec ses concurrents, notamment Édouard Philippe et Bruno Retailleau.