Raphaël Glucksmann accélère le rythme. L'eurodéputé, qui caracole dans les sondages sans avoir franchi le pas de la déclaration officielle, a choisi cette semaine pour donner une nouvelle dimension à sa pré-campagne présidentielle. Après des mois de retrait relatif des joutes politiciennes, il enchaîne les interventions médiatiques, la publication d'un livre et l'organisation d'un grand meeting populaire.

Une séquence en trois temps

Mardi soir, l'ancien conseiller du président géorgien Mikheil Saakachvili s'est exprimé dans le journal télévisé de 20 heures de la première chaîne nationale. Un passage obligé pour tout aspirant à l'Élysée, qui a permis à Glucksmann de présenter sa vision sans pour autant dévoiler ses intentions ultimes. Jeudi paraît son nouvel essai intitulé Nous avons encore envie (Allary Editions). L'ouvrage devrait servir de manifeste politique, développant les grandes orientations qu'il souhaite porter en vue de l'élection de 2027.

Le point d'orgue de cette séquence est fixé au 13 juin, avec un meeting prévu à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Ce rendez-vous public, dont la date et le lieu ont été choisis pour marquer les esprits, sera le premier grand rassemblement de sa campagne encore officieuse. Il doit lui permettre de tester son discours et de mesurer sa capacité à mobiliser au-delà de son électorat acquis.

Une candidature en préparation

Si aucun conseiller ni le principal intéressé n'a encore prononcé le mot de « candidature » à l'Élysée, les observateurs estiment que cette étape ne saurait tarder. Glucksmann bénéficie d'une dynamique favorable dans les enquêtes d'opinion, ce qui l'a incité à sortir de sa réserve. Il s'était jusqu'ici tenu à l'écart des affrontements internes à la gauche, laissant ses concurrents potentiels – comme Jean-Luc Mélenchon ou d'autres figures – occuper le terrain médiatique.

La stratégie du député européen semble reposer sur une montée en puissance progressive. Le livre sort cette semaine, le meeting dans trois semaines : le calendrier est pensé pour créer un effet d'accumulation. L'objectif est de s'imposer comme une alternative crédible à la fois à la majorité sortante et aux extrêmes, en capitalisant sur son image d'homme d'État modéré et européen convaincu.

Contexte électoral tendu

Cette séquence intervient dans un paysage politique déjà marqué par plusieurs candidatures déclarées ou imminentes. À droite, Bruno Retailleau fait face à des menaces de schisme au sein des Républicains, tandis que Gabriel Attal s'est déclaré candidat depuis l'Aveyron en plaçant sa campagne sous le signe de l'optimisme. La compétition s'annonce serrée et fragmentée, ce qui pourrait profiter à un candidat capable de rassembler au centre et à gauche de l'échiquier politique.

Raphaël Glucksmann n'a pas encore dévoilé son programme économique ou social dans le détail. Son livre et ses prochaines interventions devraient fournir des éclairages plus précis sur sa vision pour le pays. Les semaines à venir seront décisives pour transformer l'essai et faire de cette pré-campagne un véritable élan vers l'Élysée.