Une première déclaration solennelle
Ce mercredi 27 mai, Nicolas Sarkozy a fait sa première déclaration publique depuis l'ouverture de son procès pour corruption et financement illégal de campagne électorale. Devant le tribunal, l'ancien chef de l'État a lancé : « Je n'ai pas trahi la confiance des Français ». Une phrase forte qui marque son entrée dans la défense sur le fond.
L'ancien président est soupçonné d'avoir bénéficié de fonds libyens pour financer sa campagne victorieuse de 2007. Il est notamment mis en cause dans un vaste système de corruption qui impliquerait l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Les accusations portent sur des versements occultes, des transferts d'argent et des promesses de contreparties diplomatiques.
Un procès à rebondissements
Le procès, qui a débuté il y a plusieurs semaines, a déjà connu de nombreux développements. Des témoins ont livré des versions contradictoires, et des documents ont été produits par les enquêteurs. L'audition de Nicolas Sarkozy était très attendue, tant par les juges que par l'opinion publique.
L'ancien président, qui a toujours nié les faits, a choisi de prendre la parole pour défendre son bilan et son intégrité. « J'ai servi mon pays avec honnêteté et dévouement », a-t-il insisté, avant de dénoncer une « instrumentalisation politique » de la justice.
Des accusations qui pèsent
Les charges retenues contre Nicolas Sarkozy sont lourdes. Il est poursuivi pour corruption, financement illégal de campagne électorale, recel de détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. Si les faits étaient établis, il encourrait jusqu'à dix ans d'emprisonnement et une amende de 375 000 euros.
Les enquêteurs estiment que le régime libyen aurait versé plusieurs millions d'euros à l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, via des intermédiaires et des comptes offshore. L'ancien président a toujours contesté ces allégations, qualifiant les témoignages à charge de « mensonges » et de « règlements de comptes ».
La suite des débats
Le procès doit se poursuivre pendant encore plusieurs semaines. De nombreux témoins doivent encore être entendus, dont d'anciens ministres et des proches de l'ancien président. La décision du tribunal n'est pas attendue avant plusieurs mois.
En attendant, Nicolas Sarkozy reste libre, sous contrôle judiciaire. Il a quitté le tribunal après sa déclaration, sans répondre aux questions des journalistes. Son avocat a indiqué que son client était « déterminé à se défendre et à prouver son innocence ».