Les législateurs de Caroline du Sud ont infligé un revers cinglant à l’effort national de redécoupage électoral soutenu par le président Donald Trump. Mardi, le Sénat de l’État a voté contre le projet de refonte des circonscriptions, après trois semaines d’audiences précipitées et de débats prolongés.
La manœuvre visait à redessiner les contours des sept districts congressionnels de l’État afin d’y favoriser un basculement républicain, en particulier dans le siège occupé par le démocrate Jim Clyburn, figure influente de la Chambre. L’objectif affiché par les partisans du plan était de donner au Parti républicain un avantage supplémentaire dans la course nationale au redécoupage, initiative qui leur a déjà permis de gagner environ neuf sièges à la Chambre des représentants.
Le vote décisif
Le scrutin de mardi a vu l’échec d’une motion visant à soumettre le texte au vote final. Lors d’un premier vote de procédure, douze sénateurs républicains se sont joints aux douze démocrates pour empêcher d’atteindre les vingt-six voix nécessaires à la clôture du débat. Un second vote de procédure a recueilli encore moins de soutien.
Plusieurs républicains ont justifié leur opposition en invoquant le risque de priver certains électeurs de leur droit de vote en pleine période électorale. Alors que le vote anticipé pour les primaires du 9 juin avait débuté mardi matin, environ 26 000 électeurs avaient déjà voté dans les premières heures d’ouverture des bureaux, plaçant cette journée sur la voie d’un record de participation anticipée. Ce calendrier a été cité comme un facteur dissuasif par plusieurs sénateurs républicains.
Un contexte politique tendu
Le président Trump avait personnellement exhorté les républicains de Caroline du Sud à redessiner les circonscriptions afin de renverser le siège de Jim Clyburn. Ce redécoupage aurait rendu l’ensemble des sept districts de l’État favorables au Parti républicain, élargissant ainsi la majorité déjà obtenue par le biais du redécoupage national.
La décision du Sénat de Caroline du Sud marque un coup d’arrêt pour cette stratégie dans un État pourtant solidement républicain. Les sénateurs de l’État, qui ne sont pas soumis à la réélection cette année, ont fait prévaloir des considérations locales sur les injonctions de la Maison-Blanche. Le rejet du plan illustre les limites de l’influence présidentielle sur les processus législatifs étatiques, même dans un bastion conservateur.