Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a prononcé un discours dimanche dans lequel il a appelé les Libanais à « descendre dans la rue et renverser le gouvernement » pour s'opposer au « projet américano-israélien ». Il a dénoncé la participation du gouvernement libanais à des négociations directes avec Israël, sous médiation américaine, visant à mettre fin aux combats au Liban. Selon lui, ces pourparlers ne profitent qu'à Israël.

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a immédiatement réagi par un communiqué. « Les États-Unis condamnent dans les termes les plus forts l'appel irresponsable du Hezbollah à renverser le gouvernement démocratiquement élu du Liban », a-t-il déclaré. Il a souligné que le gouvernement libanais « œuvre pour la reprise, la reconstruction, l'aide internationale et un avenir stable pour ses citoyens avec le plein soutien des États-Unis », tandis que le Hezbollah « tente activement de replonger le Liban dans le chaos et la destruction ».

Un contexte de guerre régionale

Ces déclarations interviennent alors que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l'Iran fin février, auxquelles le Hezbollah a répondu en tirant des roquettes sur Israël en solidarité avec son allié iranien. Le conflit au Liban a fait plus de 3 000 morts et déplacé des centaines de milliers de personnes, et ce malgré une trêve négociée par les États-Unis entrée en vigueur le mois dernier.

Dans son discours, Naïm Qassem a également rejeté l'appel du gouvernement libanais au désarmement du Hezbollah, condition posée par Washington dans le cadre d'un éventuel accord de paix. Il a affirmé que les sanctions américaines n'affaibliraient pas le mouvement.

Des négociations en toile de fond

Parallèlement, des négociations sont en cours entre l'Iran et les États-Unis pour mettre fin à leur guerre. Plusieurs responsables iraniens, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont suggéré samedi que tout accord inclurait également le conflit entre Israël et le Hezbollah. Mais il n'est pas encore clair comment un tel traité résoudrait les questions de fond, notamment le désarmement du Hezbollah et le retrait des troupes israéliennes des territoires frontaliers libanais qu'elles occupent.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a déclaré dimanche que le président américain « a réaffirmé le droit d'Israël à se défendre contre les menaces sur tous les fronts, y compris le Liban ».

Sanctions américaines

La semaine dernière, les États-Unis ont imposé des sanctions à l'encontre de responsables libanais qu'ils accusent d'être affiliés au Hezbollah et de « faire obstacle au processus de paix » et d'« entraver le désarmement du Hezbollah ». Marco Rubio a averti que les « menaces de violence et de renversement » du groupe ne seront pas tolérées.