Les travailleurs de Samsung Electronics en Corée du Sud ont approuvé mercredi un accord salarial, évitant ainsi une grève qui aurait pu perturber les approvisionnements mondiaux en puces et affecter l'économie du pays. Cet accord intervient alors que la demande de puces pour centres de données d'intelligence artificielle (IA) génère des bénéfices records pour le groupe.
L'accord, négocié sous l'égide du gouvernement, couvre environ 78 000 employés, soit un peu plus de 60 % des effectifs de l'entreprise. Chacun d'eux sera éligible à une prime d'environ 370 000 dollars (317 904 euros) cette année. Près de 74 % des plus de 62 000 membres du syndicat ayant voté se sont prononcés en faveur de cet accord.
Détails de l'accord
Outre la prime exceptionnelle, l'accord prévoit la mise en place d'un nouveau système de primes de performance sur dix ans pour les travailleurs du secteur des semi-conducteurs, ainsi qu'une augmentation salariale moyenne de 6,2 %. Cette décision fait suite à des mois de négociations sur les primes liées à la florissante activité des semi-conducteurs chez Samsung.
Le vote favorable a été motivé en partie par le fait que les employés du rival SK Hynix ont reçu l'année dernière des primes plus de trois fois supérieures à celles versées par Samsung, selon le syndicat de Samsung.
Fissures internes
L'accord a également mis en lumière des tensions au sein de l'entreprise. Les travailleurs d'autres divisions estiment que l'accord favorise de manière disproportionnée les employés des semi-conducteurs. Un syndicat plus petit, représentant les travailleurs de l'électronique grand public, a demandé une injonction judiciaire pour bloquer l'accord.
Contexte de forte croissance
En avril, le bénéfice d'exploitation de Samsung au premier trimestre a bondi d'environ 750 % sur un an, tandis que sa capitalisation boursière dépassait pour la première fois les 1 000 milliards de dollars ce mois-ci. Ces résultats exceptionnels sont portés par l'explosion de la demande de puces IA.
Projets d'expansion au Vietnam
Par ailleurs, Samsung Electronics prévoit d'investir 39 000 milliards de dongs (1,5 milliard de dollars) pour construire sa première usine de test de semi-conducteurs au Vietnam. Les travaux de construction ont déjà commencé sur le site, situé à environ 60 km au nord de Hanoï. Les opérations devraient débuter en novembre 2027. L'usine se concentrera sur les puces mémoire de génération antérieure, qui restent en pénurie alors que les principaux fabricants de puces transfèrent davantage de capacité de production vers les semi-conducteurs IA haut de gamme utilisés dans les centres de données.