Le projet Narrabri mis en sommeil
Le directeur général de Santos, Kevin Gallagher, a déclaré aux investisseurs, lors d’une réunion cette semaine, que la société n’allait « exercer aucun effort » sur le projet gazier de Narrabri, dans le nord de la Nouvelle-Galles du Sud, tant que les approbations réglementaires en suspens ne seront pas accordées. « Nous ne dépensons aucun capital et n’exerçons aucun effort », a-t-il précisé, ajoutant que l’entreprise se concentrait désormais sur l’obtention des permis plutôt que sur le développement effectif du site.
Cette annonce intervient alors que Santos privilégie l’exploration dans le bassin de Beetaloo, dans le Territoire du Nord, où elle mène une campagne d’expansion. Gallagher a indiqué qu’une revue stratégique avait conclu à la priorité de ce gisement, jugé plus prometteur à court terme.
Des opposants réclament l’abandon définitif
Les opposants au projet Narrabri, qui serait l’un des plus importants champs de gaz de charbon (coal seam gas) d’Australie, ont réagi vivement. « Santos devrait cesser de faire perdre son temps à tout le monde et enterrer définitivement ce projet », a lancé un porte-parole d’un groupe de défense de l’environnement local. Le développement, contesté depuis des années par les communautés agricoles et les écologistes, menace selon eux les nappes phréatiques et les terres agricoles de la région.
Le projet Narrabri, d’un coût estimé à plusieurs milliards de dollars, était censé fournir du gaz au marché est-australien. Mais il s’est heurté à des retards réglementaires et à des recours judiciaires. Santos n’a pas encore obtenu tous les permis environnementaux nécessaires, notamment ceux liés à la gestion de l’eau et aux émissions.
Le bassin de Beetaloo, nouvelle priorité
En focalisant ses ressources sur le bassin de Beetaloo, Santos mise sur une zone jugée stratégique pour l’approvisionnement en gaz de l’Australie. Le gouvernement fédéral et le gouvernement du Territoire du Nord soutiennent ce projet, qui pourrait permettre de développer des gisements de gaz de schiste. Cependant, les groupes environnementaux dénoncent les risques de pollution des eaux et les émissions de gaz à effet de serre liées à la fracturation hydraulique.
La décision de Santos intervient dans un contexte de tensions sur le marché gazier australien, où les prix élevés pèsent sur l’industrie et les ménages. Le gouvernement albanais encourage les producteurs à accroître l’offre domestique, mais les incertitudes réglementaires freinent les investissements.
Implications pour le secteur
Ce recentrage stratégique de Santos pourrait remettre en cause l’avenir du projet Narrabri, déjà qualifié de « mort clinique » par certains observateurs. Si les autorisations n’interviennent pas rapidement, il est probable que Santos abandonne complètement le site. En revanche, le bassin de Beetaloo pourrait voir des investissements accrus, avec des forages d’exploration prévus dans les prochains mois.
Le directeur général a précisé que Santos maintenait ses objectifs de production globaux, mais que l’allocation des capitaux serait désormais dictée par les perspectives de rentabilité et les délais d’approbation. Cette approche pragmatique reflète les difficultés du secteur gazier australien à concilier contraintes environnementales et impératifs économiques.
Un avenir incertain pour Narrabri
Pour les communautés touchées, la décision de Santos est un nouveau coup dur. Les agriculteurs, qui craignaient les impacts sur leurs exploitations, y voient une lueur d’espoir, mais restent méfiants quant à une éventuelle reprise du projet. Les autorités locales, quant à elles, attendent des éclaircissements sur les retombées économiques promises.
Santos n’a pas communiqué de calendrier pour l’obtention des permis de Narrabri. L’entreprise semble vouloir laisser la question en suspens, le temps de concentrer ses forces sur le bassin de Beetaloo, où les perspectives à court terme sont plus favorables.