Le lancement du service national volontaire suscite un engouement inattendu. Selon les données communiquées par l’administration militaire, environ 5 000 jeunes ont déposé un dossier de candidature pour intégrer ce dispositif de dix mois, alors que seulement 3 000 places sont ouvertes pour la première promotion, prévue à l’automne 2026. Ce ratio de près d’un candidat pour deux places marque un contraste avec le précédent service national universel (SNU), qui peinait à susciter l’adhésion.
Un afflux de candidatures, dont plus de 20 % de femmes
Les armées ont précisé que, parmi ces 5 000 dossiers, plus de 1 000 candidats ont déjà été retenus après une première phase de sélection. Les 4 000 autres sont en cours d’examen. Fait notable, la proportion de femmes atteint 20 % des postulants, un taux supérieur à celui de la féminisation actuelle dans les forces armées, qui s’établit à 17 %. Les inscriptions restent possibles « quasiment jusqu’à la fin de l’été », selon un responsable du projet, le commissaire général Thierry de La Burgade.
Un volontariat de dix mois pour les 18-25 ans
Annoncé par le chef de l’État en novembre 2025, ce service national revient sur une base exclusivement volontaire, après la suspension de la conscription décidée en 1996. Il cible prioritairement les jeunes de 18 à 19 ans, qui constitueront environ 80 % des effectifs. Les 20 % restants seront des profils plus spécialisés (ingénieurs, analystes de données, infirmiers) pouvant s’engager jusqu’à 25 ans avec le grade d’aspirant. Les binationaux et les Français établis à l’étranger sont également éligibles.
Le parcours débute par un mois de formation initiale – classes, maniement des armes, discipline – suivi de neuf mois d’insertion dans l’une des trois armées ou dans les services de soutien. Le dispositif est présenté comme une année de césure, durant laquelle les vœux sur ParcoursSup sont préservés.
Un budget conséquent pour une montée en puissance progressive
Pour la période 2026-2030, l’exécutif a budgété 2,3 milliards d’euros, dont 1,4 milliard dédié aux infrastructures. Les effectifs doivent grimper à 4 000 places en 2027, traduisant une montée en puissance rapide. Le coût couvre la paie, l’équipement, l’habillement et l’hébergement des volontaires.
Un contexte géostratégique favorable
Cette renaissance du service militaire s’inscrit dans un environnement sécuritaire européen tendu, marqué par la guerre en Ukraine et le retrait progressif des États-Unis. Plusieurs pays européens ont déjà adapté leur conscription ou leur enrôlement volontaire. Une étude de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (Irsem) datant d’avril 2024 indiquait que quatre jeunes sur dix âgés de 18 à 25 ans se disaient prêts à s’engager, ce que confirme aujourd’hui l’afflux de candidatures.
Sélection et procédure d’inscription
Les candidats sont sélectionnés sur des critères médicaux, de motivation et d’adéquation aux besoins des armées. Les inscriptions se font via les sites internet des armées, par téléphone au numéro dédié 09 70 84 51 51, ou en se rendant dans un centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa).