Un observateur au point de Lagrange L1
Le satellite Smile (Solar wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer) est un projet conjoint entre l'Agence spatiale européenne (ESA) et l'Académie chinoise des sciences (CAS). Placé en orbite au point de Lagrange L1, situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre en direction du Soleil, il pourra surveiller en continu le vent solaire avant qu'il n'atteigne notre planète et observer simultanément la réponse magnétique de la Terre. Cette position permet d'étudier en temps réel l'interaction entre le flux de particules chargées émis par le Soleil et la magnétosphère terrestre.
Comprendre les aurores boréales et les tempêtes géomagnétiques
L'un des objectifs principaux de Smile est de mieux comprendre le mécanisme de formation des aurores boréales et australes. Ces phénomènes lumineux naissent lorsque les particules du vent solaire sont guidées par le champ magnétique terrestre et entrent en collision avec les atomes de la haute atmosphère. Smile étudiera également les orages magnétiques, des perturbations intenses qui peuvent avoir des conséquences sur les réseaux électriques, les satellites de communication et les systèmes de navigation. Les scientifiques espèrent ainsi améliorer la prévision de la météorologie spatiale, un enjeu stratégique pour les infrastructures modernes.
Une mission unique par sa couverture temporelle et spatiale
Contrairement aux missions actuelles, Smile offrira une vision globale et continue de la frontière entre la magnétosphère et le vent solaire. Il sera équipé de quatre instruments : un imageur de rayons X mous pour visualiser la magnétopause, un imageur ultraviolet pour les aurores, un magnétomètre et un analyseur de plasma. Cette combinaison permettra d'observer simultanément les entrées d'énergie solaire dans la magnétosphère et la réponse de l'ionosphère terrestre. La mission doit durer au moins trois ans, avec une extension possible.
Un projet né d'une collaboration internationale
Développé depuis une quinzaine d'années, Smile est le fruit d'une coopération entre l'ESA et la CAS. La charge utile scientifique a été développée conjointement par des instituts européens et chinois. Le satellite a été construit en Chine et doit être lancé par une fusée chinoise. Son lancement est prévu pour 2025 ou 2026. Cette mission s'inscrit dans le cadre des programmes scientifiques de l'ESA et de la CAS dédiés à la physique solaire et à la météorologie spatiale.
Des répercussions au-delà de la recherche fondamentale
Au-delà de la compréhension des phénomènes naturels, les données recueillies par Smile devraient permettre d'affiner les modèles de prévision des tempêtes solaires. Ces alertes sont capitales pour protéger les satellites en orbite, les réseaux électriques au sol et les astronautes. Les aurores boréales, déjà célèbres pour leur beauté, servent en réalité de signal visible des perturbations magnétiques. En décryptant ces signaux, Smile aidera à anticiper les risques liés à l'activité solaire.