Un contrat majeur pour les data centers orbitaux

La startup Starcloud, spécialisée dans la construction de centres de données en orbite, vient de franchir une étape décisive. L'entreprise a signé un contrat avec Starlink portant sur l'acquisition de plus de cinquante terminaux laser miniatures, destinés à équiper au moins vingt-cinq satellites dédiés au traitement de données dans l'espace. Selon Philip Johnston, cofondateur et directeur général de Starcloud, ces lasers équiperont tous les futurs satellites de la flotte, à commencer par Starcloud-2.

Une technologie déjà testée en orbite

Les terminaux laser, commercialisés par SpaceX sous le nom de Starlink Mini Laser, ont déjà été éprouvés en vol. Michael Nicolls, responsable technique de Starlink, avait indiqué que la technologie avait été testée en orbite sur un satellite du lot Starlink G10-20. Chaque satellite Starcloud sera équipé de deux terminaux, chacun capable d'atteindre un débit continu de 25 Gbit/s sur une distance allant jusqu'à 4 000 kilomètres, et davantage sur des liaisons plus courtes.

Un choix stratégique pour réduire les risques

Alors que de nombreuses startups du spatial développent encore leurs propres liaisons optiques entre satellites, Starcloud a fait le choix d'acheter une technologie existante pour écarter une partie du risque technique. L'entreprise peut ainsi se concentrer sur d'autres aspects critiques : la production d'électricité, l'évacuation de la chaleur ou la densité de calcul à bord d'un petit satellite. Grâce aux liaisons laser, chaque satellite est relié directement au maillage Starlink sans passer par les stations au sol, dont la bande passante reste limitée. Les données circulent ainsi d'orbite à orbite avant d'être envoyées vers la Terre, plutôt que de transiter satellite par satellite.

Des applications concrètes et des projets d'IA

Philip Johnston destine pour l'instant sa flotte à des applications comme la météo en temps réel, la détection des feux de forêt et l'analyse d'images terrestres. Pour ces tâches, il est plus efficace de traiter la donnée là où les capteurs la produisent plutôt que de la rapatrier au sol. L'entreprise prévoit également de faire transiter des charges envoyées depuis la Terre, notamment pour l'entraînement et l'exécution de modèles d'intelligence artificielle. Starcloud a d'ailleurs déjà fait tourner un modèle de langage dans l'espace sur son premier satellite, Starcloud-1, lancé le 2 novembre 2025 avec un processeur H100 de Nvidia à bord.

Un calendrier serré

Starcloud compte placer le premier matériel en orbite d'ici un an. Starcloud-1 a été lancé sur une fusée Falcon, et Starcloud-2, un engin de 450 kilogrammes, devrait être mis en orbite par un Falcon 9. À terme, l'entreprise mise sur la mégafusée Starship de SpaceX pour déployer des satellites plus grands et plus nombreux. Cette double dépendance envers SpaceX, à la fois pour le lancement et pour les terminaux laser, constitue un élément clé de la stratégie de Starcloud.