L'Iran a qualifié de « violation flagrante » du cessez-le-feu les frappes aériennes américaines menées lundi dans le sud du pays, près du détroit d'Ormuz. Le commandement central américain (Centcom) a indiqué avoir ciblé des sites de missiles iraniens et des bateaux tentant de poser des mines, présentant ces opérations comme des « frappes de légitime défense ».

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré tenir les États-Unis pour responsables des conséquences de leurs « actions agressives et injustifiées » dans la région d'Hormozgan, qui borde le détroit d'Ormuz. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial, est bloquée par l'Iran depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël le 28 février, provoquant une flambée des prix de l'énergie.

Réaction iranienne et incidents aériens

Dans un communiqué, les autorités iraniennes ont affirmé : « Sans aucun doute, la République islamique d'Iran ne laissera aucun mal sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne. »

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé avoir abattu un drone américain et avoir ouvert le feu sur un avion de chasse qui aurait pénétré l'espace aérien iranien, sans préciser quand ces événements se seraient produits. Des médias d'État iraniens avaient auparavant rapporté que des responsables locaux enquêtaient sur des explosions entendues à Bandar Abbas, une ville portuaire du sud abritant une base navale.

Contexte du cessez-le-feu et des négociations

La guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran a débuté le 28 février par une vague d'attaques meurtrières, dont l'une a tué le guide suprême iranien. Un cessez-le-feu fragile a été conclu le 8 avril et a été globalement respecté, à l'exception d'un accroc notable début mai.

Les frappes de lundi interviennent alors que des pourparlers sont en cours pour prolonger la trêve et, à terme, mettre fin au conflit. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a estimé qu'un accord restait possible mais « prendrait encore quelques jours ». Le président Donald Trump a d'abord évoqué un accord proche, avant de déclarer avoir demandé aux négociateurs « de ne pas se précipiter ».

Selon des médias américains, l'accord en discussion ne serait pas un règlement définitif mais un protocole d'entente prévoyant une extension de 60 jours du cessez-le-feu, la réouverture du détroit d'Ormuz et un calendrier pour des négociations sur le programme nucléaire iranien. Téhéran a indiqué lundi que des progrès avaient été réalisés, mais qu'un accord « n'est pas imminent ».

Points de blocage : fonds gelés et nucléaire

L'un des principaux obstacles est la demande de l'Iran de débloquer des fonds iraniens gelés à l'étranger. Un responsable informé d'une visite à Doha a indiqué à l'agence Reuters que le gouverneur de la Banque centrale d'Iran avait participé lundi aux discussions sur ces avoirs, et que les échanges portaient principalement sur les stocks d'uranium hautement enrichi de Téhéran et sur le détroit d'Ormuz.

Les négociations de paix sont principalement médiatisées par le Pakistan, mais des médiateurs qataris participent également aux discussions avec les négociateurs iraniens cette semaine.

L'Iran insiste sur le caractère pacifique de son programme nucléaire, tandis que les États-Unis, Israël et plusieurs pays occidentaux l'accusent de chercher à se doter de l'arme atomique. Les frappes américaines de lundi compliquent encore la recherche d'une issue diplomatique, alors que le détroit d'Ormuz reste bloqué et que les tensions restent vives.