Le constructeur aéronautique Boeing a été déclaré non coupable vendredi par un jury américain siégeant au tribunal fédéral de Seattle, dans l'État de Washington. Le verdict met fin à une plainte déposée par la compagnie polonaise LOT, qui accusait l'avionneur de fraude et de déclarations mensongères liées à l'immobilisation mondiale des Boeing 737 MAX entre mars 2019 et novembre 2020.

LOT réclamait 250 millions de dollars de dommages et intérêts, estimant avoir subi des pertes de revenus en raison de l'immobilisation de la flotte. La compagnie polonaise affirmait que Boeing avait fait « des déclarations mensongères et des omissions délibérées et par négligence concernant l'avion 737 MAX », ainsi que des « fausses représentations matérielles et d'omissions ». Selon LOT, le constructeur l'aurait « convaincue avec détermination » de choisir le 737 MAX plutôt que le modèle 737NG.

Un verdict favorable à Boeing

« Nous sommes satisfaits du verdict du jury en notre faveur », a déclaré un porte-parole de Boeing après l'annonce de la décision. L'entreprise américaine n'a pas commenté plus avant les détails du jugement. Ce verdict intervient alors que Boeing fait face à de multiples procédures judiciaires depuis les deux crashs meurtriers qui ont conduit à l'immobilisation de la flotte des 737 MAX.

Le contexte des crashs

Pour rappel, l'ensemble des Boeing 737 MAX avait été cloué au sol par l'Administration de l'aviation civile américaine (FAA) après deux accidents mortels : le crash d'un appareil de la compagnie Lion Air le 29 octobre 2018, suivi de celui d'un avion d'Ethiopian Airlines le 10 mars 2019. Ces deux catastrophes ont causé la mort de 346 personnes. Boeing avait reconnu en 2019 qu'un logiciel anti-décrochage, le Maneuvering Characteristics Augmentation System (MCAS), était l'une des causes des problèmes ayant mené à ces tragédies.

D'autres plaintes en cours

Outre le procès de LOT, de nombreuses familles de victimes des deux crashs ont déposé plainte contre l'avionneur américain. La majorité de ces plaignants a toutefois trouvé un accord amiable avec Boeing hors des tribunaux, évitant ainsi des procès publics. Le verdict favorable à Boeing dans l'affaire LOT pourrait influencer d'autres procédures, bien que chaque dossier reste distinct.

Ce jugement marque une victoire juridique importante pour le constructeur, qui cherche à tourner la page des conséquences financières et réputationnelles de l'immobilisation des 737 MAX. Boeing continue néanmoins de faire face à une surveillance accrue des régulateurs et à des défis commerciaux persistants.