Arrivée rocambolesque sur la côte ouest sud-coréenne
Un dissident chinois de 68 ans, Dong Guangping, est arrivé lundi en Corée du Sud à bord d’un petit bateau pneumatique de 3,30 mètres équipé d’un moteur de 9,9 chevaux, ont indiqué des proches et son avocat. Les garde-côtes sud-coréens du comté de Taean, sur la côte ouest du pays, ont confirmé avoir interpellé un ressortissant chinois signalé par des pêcheurs. Selon un responsable local, le nom de famille et l’année de naissance correspondent à ceux de M. Dong. Ce dernier fait l’objet d’une enquête pour violation présumée des lois sur l’immigration.
Un parcours de dissident obstiné
Cette évasion n’est pas la première tentative de Dong Guangping de quitter la Chine. Critique virulent du Parti communiste chinois, il avait déjà fui à plusieurs reprises – vers la Thaïlande, le Vietnam, et avait même tenté de rejoindre Taïwan à la nage – mais avait été systématiquement renvoyé en Chine continentale. Chaque fois, il avait été emprisonné, interdit de travailler et placé sous surveillance, malgré les appels internationaux à lui accorder le droit d’asile. Ses amis espèrent que cette nouvelle tentative aboutira enfin, une décennie après que le Canada a accepté de l’accueillir ainsi que sa famille.
Un précédent encourageant
L’arrivée de Dong Guangping rappelle celle d’un autre dissident chinois, Kwon Pyong, qui avait rejoint la Corée du Sud en jet-ski en 2024. Bien que condamné pour entrée illégale et incarcéré plusieurs mois, Kwon Pyong avait finalement pu s’envoler vers les États-Unis l’année suivante pour y demander l’asile. Ce précédent suscite l’espoir parmi les soutiens de M. Dong, qui espèrent que les autorités sud-coréennes feront preuve de la même clémence.
Réactions et enquête en cours
Les garde-côtes de Taean précisent que le bateau pneumatique, de couleur gris clair, a été repéré en mer par des pêcheurs en fin de journée lundi. L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de la traversée. Aucune information n’a filtré sur une éventuelle demande d’asile de la part de M. Dong, mais ses proches espèrent que, contrairement aux fois précédentes, la Corée du Sud ne le remettra pas aux autorités chinoises. Le Canada, qui lui a accordé le statut de réfugié il y a dix ans, n’a pas encore commenté l’affaire.