Derrière la montée des marches et les flashs des photographes, se joue à Cannes une tout autre scène, souterraine et bien moins clinquante. C'est là, dans les sous-sols du Palais des festivals, que se tient le marché du film, le plus important du monde. Des milliers de mètres carrés sans une seule fenêtre, où les alcôves s'enfilent à l'infini et où chaque espace résonne d'une langue différente. Producteurs, distributeurs, acheteurs, exploitants de salles et agences de promotion du monde entier y louent un petit bout de cet espace dédié aux affaires. Cette année, le marché a attiré 16 000 accrédités, venus pour discuter cachets, commissions et minimums garantis.
Une mécanique frénétique
Loin des paillettes et du glamour refoulés à l'entrée, les tractations sont capitales pour acheter, distribuer et faire vivre les films partout dans le monde. L'ampleur des enjeux et l'intensité des négociations peuvent conduire à des situations exceptionnelles. Un acheteur américain de premier plan, par exemple, a été réveillé à 4 heures du matin pour visionner un film dont l'acquisition se jouait dans l'urgence. Cette anecdote, rapportée par les participants, illustre la folie qui règne dans ce village olympique du cinéma, où le temps est une denrée rare et où chaque minute peut sceller le sort d'un long-métrage.
Un contraste saisissant
Pendant que les stars paradent sur le tapis rouge, les professionnels s'activent dans les allées du Palais pour conclure des accords qui détermineront la carrière commerciale des films. Le marché de Cannes est ainsi le théâtre d'une activité fébrile où se mêlent enchères frénétiques et négociations intenses. La diversité des participants – des acheteurs américains aux producteurs asiatiques, des distributeurs européens aux exploitants africains – fait de ce rendez-vous un baromètre incontournable de l'industrie cinématographique mondiale.