Le sénateur d’État de Louisiane John « Jay » Morris, avocat républicain, a joué un rôle déterminant dans l’implantation de l’un des plus grands centres de données au monde, baptisé Hyperion, dans la paroisse de Richland. Une enquête a révélé qu’au cours des quinze derniers mois, alors qu’il utilisait ses fonctions politiques pour favoriser le projet, Morris et ses associés achetaient et revendaient des terrains situés à proximité du site.
Morris a notamment fait pression auprès d’un régulateur des services publics pour obtenir une autorisation clé. Il a cosigné deux projets de loi ayant permis la transaction foncière entre Meta et l’État de Louisiane, et voté en faveur de deux autres textes accordant au géant de la tech des allègements fiscaux estimés à 3,3 milliards de dollars. Ces votes et initiatives législatives ont directement contribué à sécuriser le projet Hyperion.
Transactions foncières autour du site
Selon les documents consultés, Morris et ses partenaires ont, en février dernier encore, vendu plusieurs centaines d’acres à l’entreprise énergétique Entergy. Celle-ci prévoit d’y construire une centrale électrique alimentée au méthane pour fournir l’électricité nécessaire au centre de données. Ces transactions n’avaient pas été rendues publiques jusqu’à présent, d’après l’examen des déclarations législatives, des votes, des comptes rendus médiatiques et des archives du Sénat de l’État.
Dénégations du sénateur
Jay Morris conteste les affirmations d’experts selon lesquelles ses actions violeraient les règles d’éthique. Il nie tout conflit d’intérêts et assure que ses activités foncières étaient distinctes de son travail législatif. L’enquête n’a pas permis de déterminer si des procédures formelles ont été engagées à son encontre.
Contexte et implications
Ce cas illustre les imbrications possibles entre mandats électifs et intérêts privés dans le développement de grandes infrastructures technologiques. Le projet Hyperion représente un investissement majeur pour Meta en Louisiane, mais soulève des questions sur la transparence des décisions publiques et les avantages accordés aux entreprises. L’affaire intervient alors que les centres de données, gourmands en électricité, suscitent un débat croissant sur leur impact environnemental et sur les incitations fiscales qui leur sont offertes.