La Commission européenne se réunit ce mercredi 27 mai pour dévoiler son plan d'action sur la « souveraineté technologique ». L'objectif affiché est de réduire la dépendance de l'Union européenne vis-à-vis de technologies étrangères dans des secteurs jugés critiques.
Cloud, IA et semi‑conducteurs au cœur du plan
Selon plusieurs sources, les mesures proposées par l'exécutif européen portent principalement sur trois domaines stratégiques : le cloud computing, l'intelligence artificielle et les semi‑conducteurs. La commissaire européenne chargée de la souveraineté numérique, Henna Virkkunen, doit détailler les modalités de ce renforcement de l'autonomie technologique du bloc. La proposition, élaborée ces derniers mois, vise à garantir que l'UE puisse, « en toutes circonstances, poursuivre son travail en Europe », comme l'avait déclaré la commissaire en mars dernier, lors du Forum InCyber.
La crainte d'une « arme » technologique
En amont de cette présentation, Henna Virkkunen avait alerté sur les risques liés à une trop forte dépendance aux technologies étrangères. « Nous vivons vraiment dans un monde où ce type de dépendances technologiques très fortes peut être utilisé comme une arme contre nous et c'est pourquoi il est important d'examiner de près nos secteurs critiques et les dépendances que nous avons », avait-elle expliqué à des journalistes.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes. La commissaire avait notamment évoqué les « dépendances numériques », précisant que le fait pour un pays d'utiliser des technologies d'entreprises étrangères qu'il ne contrôle pas totalement devait être analysé de près pour éviter qu'elles ne deviennent « un danger pour l'Union européenne ».
Des équipementiers télécoms potentiellement bannis
Le plan présenté ce mercredi reprend une proposition formulée en janvier, qui prévoit la révision du cadre législatif sur la cybersécurité. Selon cette proposition, certains équipementiers télécoms pourraient être bannis du territoire européen, car jugés « à haut risque ». Sans être explicitement nommés dans les documents officiels, les groupes chinois ZTE et Huawei sont considérés par des observateurs comme étant directement visés par cette mesure.
Le cloud, secteur particulièrement sensible
« En ce qui concerne certains services, comme les services cloud, nous constatons également qu'il est important de nous concentrer véritablement sur les secteurs critiques de notre société et de notre économie, où nous disposons de données très sensibles », avait ajouté Henna Virkkunen. Cette insistance sur le cloud reflète la volonté de l'UE de renforcer la protection des données hébergées sur des serveurs tiers et d'encourager le développement de solutions européennes souveraines.
Un plan qui s'inscrit dans une stratégie plus large
Ce nouveau plan de mesures s'ajoute aux initiatives déjà lancées par Bruxelles pour renforcer l'autonomie technologique du continent. L'Union européenne cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des géants américains et chinois dans les domaines clés du numérique. La commissaire Virkkunen avait également évoqué la nécessité de se concentrer sur les « secteurs critiques » de la société et de l'économie, où se trouvent des données très sensibles.
Les annonces de ce mercredi devraient préciser les modalités concrètes de cette stratégie de souveraineté technologique, qui pourrait avoir des implications majeures pour les entreprises européennes et internationales opérant dans ces secteurs.