Alors que le chef de l’État s’apprête à dévoiler son plan d’électrification du pays, une centaine de parlementaires du parti Les Républicains (LR) ont choisi de prendre la parole. Dans une tribune parue dans Le Monde, ces députés et sénateurs appellent le gouvernement à réduire les taxes pesant sur l’électricité. Leur objectif : faire baisser le prix de l’énergie pour le consommateur et ainsi lever un frein majeur à l’adoption des véhicules électriques.
Selon les signataires, la France vit une situation paradoxale. Le pays dispose d’une « ressource abondante » d’électricité, mais il ne l’utilise pas à plein. « Nous préférons demeurer inutilement captifs des hydrocarbures, alors que nous disposons d’un atout énergétique envié dans toute l’Europe », écrivent-ils. Ils relèvent que la consommation électrique stagne depuis l’an 2000 et a même commencé à diminuer en 2017. Le volume actuellement exporté représenterait à lui seul une hausse potentielle de 20 % de la consommation nationale, sans qu’il soit nécessaire, à court terme, de créer de nouvelles capacités de production.
Des taxes qui représentent plus du tiers du prix
Pour les parlementaires LR, l’explication de cette sous-consommation tient au coût de l’électricité pour les ménages. La TVA, l’accise sur l’électricité et la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) pèseraient pour plus d’un tiers du prix final payé par les Français. Trop lourde, cette fiscalité découragerait le passage aux usages électriques, notamment dans le secteur des transports.
« Il ne peut y avoir de plan d’électrification du pays sans baisse du prix de l’électricité », affirment les signataires. Ils souhaitent un allègement des taxes afin de « renforcer le signal prix » et d’inciter les consommateurs à se tourner vers la mobilité électrique. Celle-ci, ajoutent-ils, permettrait de les mettre à l’abri des fluctuations du marché des hydrocarbures, dont les répercussions ont été fortement ressenties après les récentes frappes contre l’Iran.
Un appel à un débat plus large sur la fiscalité énergétique
Cette tribune intervient dans un contexte politique où l’électrification du parc automobile est un objectif partagé par la quasi-totalité de la classe politique, mais où les divergences persistent sur les moyens d’y parvenir. Les Républicains avancent ici une proposition ciblée sur le coût de l’énergie, qu’ils jugent plus structurante que des subventions ou des obligations réglementaires.
Le débat sur la fiscalité de l’électricité n’est pas nouveau. Plusieurs rapports parlementaires ont déjà pointé le niveau élevé des prélèvements, qui placent la France parmi les pays européens où l’électricité est la plus chère pour les particuliers. La tribune des élus LR relance cette question, en la liant directement à l’ambition gouvernementale d’accélérer l’électrification des transports.
Quelle suite pour cette proposition ?
Pour l’heure, l’exécutif n’a pas officiellement répondu à l’appel des parlementaires. Le plan d’électrification présenté par le président de la République devrait détailler les mesures envisagées pour soutenir le déploiement des véhicules électriques, qu’il s’agisse d’aides à l’achat, d’infrastructures de recharge ou de soutien à la filière industrielle. La question du prix de l’électricité pourrait néanmoins s’inviter dans les discussions, d’autant que plusieurs associations de consommateurs et industriels du secteur plaident également pour une révision de la fiscalité énergétique.
En attendant, les signataires de la tribune espèrent que leur appel contribuera à faire évoluer le cadre fiscal, qu’ils jugent aujourd’hui défavorable à une massification de la mobilité électrique. « Nous sous-utilisons notre électricité », résument-ils, en appelant à un changement de cap.