Une toile inédite de l'artiste surréaliste Leonora Carrington, peinte pendant son confinement dans un hôpital psychiatrique espagnol durant la Seconde Guerre mondiale, sera présentée au public pour la première fois à Londres cet été.
Intitulée « Villa Pilar », l'œuvre date de 1940, année où Carrington séjournait à la clinique Morales de Santander. Elle y avait été admise après avoir fui la France occupée par les nazis, à la suite de l'arrestation de son compagnon, l'artiste allemand Max Ernst. La peintre britannique, alors âgée d'une vingtaine d'années, avait subi une grave dépression à Madrid avant d'être internée.
Un séjour traumatique et créatif
Dans cet établissement, Carrington fut soumise à des traitements psychiatriques violents qu'elle relatera plus tard dans son récit autobiographique « Down Below » (En bas). Elle y décrit cette période comme une expérience proche de la mort. Pourtant, encouragée par le docteur Luis Morales, le médecin-chef, elle continua à dessiner quotidiennement. Elle réalisa deux tableaux majeurs : « Down Below » et « Villa Pilar », qui représentent tous deux la clinique comme un monde souterrain symbolique.
Une œuvre longtemps conservée par la famille du psychiatre
« Villa Pilar » est restée pendant des décennies dans la famille du docteur Morales, sans jamais être montrée au public. Sa redécouverte récente a permis son entrée dans les collections et sa future exposition. Le tableau rejoindra l'exposition « Leonora Carrington » qui se tiendra au musée Freud de Londres, un lieu choisi en raison de l'intérêt de l'artiste pour la psychanalyse.
Un intérêt renouvelé pour l'art surréaliste féminin
Cette exposition s'inscrit dans le regain d'intérêt pour les artistes femmes du mouvement surréaliste, longtemps éclipsées par leurs homologues masculins. Leonora Carrington, née en 1917 au Royaume-Uni et morte en 2011 au Mexique, est aujourd'hui reconnue comme une figure majeure du surréalisme. Ses œuvres, souvent peuplées de créatures hybrides et de symboles oniriques, explorent les thèmes de la transformation, de l'identité et de la folie.
Le tableau « Villa Pilar » sera visible à partir du mois de juin et devrait attirer l'attention des amateurs d'art et des historiens. Il offre un témoignage rare de la période la plus troublée de l'artiste, où la création artistique a servi d'exutoire face à l'enfermement et à la maladie.