La lutte contre le tabagisme semble porter ses fruits en France. Selon le dernier bilan de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), les ventes de tabac ont enregistré une baisse de 8,2 % sur l’ensemble de l’année 2025. Ce chiffre, qui porte sur l’ensemble des produits du tabac — cigarettes, tabac à rouler, cigarillos, etc. —, confirme une tendance à la baisse qui s’accélère par rapport aux années précédentes.

Un recul qui concerne toutes les catégories de produits L’OFDT souligne que la diminution ne se limite pas à un seul type de produit. Les ventes de cigarettes manufacturées baissent de manière significative, tout comme celles du tabac à rouler, longtemps considéré comme une alternative moins coûteuse. Les données de l’Observatoire, issues des déclarations des fabricants et des importateurs, montrent que l’ensemble du marché du tabac est touché par cette contraction. Cette évolution intervient dans un contexte de hausse continue des prix, avec un paquet de cigarettes qui avoisine désormais les 12 euros dans la plupart des buralistes.

Le tabagisme adolescent en chute libre Parallèlement à ces résultats commerciaux, l’OFDT met en avant un « fort recul » du tabagisme chez les adolescents. Les enquêtes menées auprès des jeunes de 17 ans indiquent que la proportion de fumeurs quotidiens a chuté de façon spectaculaire ces dernières années. Si le bilan ne fournit pas de chiffre précis pour l’année 2025, les experts de l’Observatoire attribuent cette tendance à une combinaison de facteurs : prix élevé du tabac, campagnes de prévention renforcées, interdiction de vente aux mineurs plus strictement contrôlée, mais aussi un changement de norme sociale autour de la cigarette. Le vapotage, bien que toujours présent, ne semble pas expliquer seul ce recul, car son usage chez les jeunes tend également à se stabiliser.

Les politiques publiques en toile de fond Cette baisse des ventes s’inscrit dans le cadre des objectifs affichés par les pouvoirs publics, qui visent une « génération sans tabac » à l’horizon 2032. Le gouvernement a multiplié les mesures ces dernières années : hausses régulières des taxes, remboursement des substituts nicotiniques, élargissement des lieux sans fumée. Les données de l’OFDT suggèrent que ces politiques commencent à produire un effet tangible, même si les experts appellent à ne pas relâcher l’effort. La France reste en effet l’un des pays européens où le tabagisme est le plus élevé, avec environ un quart des adultes fumeurs quotidiens.

Des conséquences économiques pour les buralistes La chute des ventes a un impact direct sur le réseau des buralistes, dont une partie importante du chiffre d’affaires provient de la vente de tabac. Plusieurs organisations professionnelles ont déjà alerté sur la nécessité d’accompagner la transition vers d’autres activités, comme la vente de produits de vapotage, de jeux ou de services de proximité. L’État a mis en place des dispositifs d’aide à la diversification, mais leur efficacité reste inégale selon les territoires. À ce stade, l’OFDT ne fournit pas de données régionales permettant de mesurer l’ampleur des disparités.

Un bilan encourageant mais fragile Les experts de l’Observatoire estiment que les chiffres de 2025 sont « encourageants », mais appellent à la prudence. Le recul des ventes pourrait être partiellement lié à des achats transfrontaliers, notamment depuis la Belgique, l’Espagne ou l’Italie, où le tabac est moins cher. De plus, le développement du marché parallèle et de la contrefaçon reste difficile à quantifier et pourrait fausser en partie les statistiques officielles. L’OFDT prévoit de publier des analyses complémentaires au cours du premier semestre 2026 pour affiner ces tendances.

En attendant, les chiffres de 2025 marquent une étape dans la réduction du tabagisme en France, avec une baisse qui dépasse les prévisions de nombreux spécialistes. La question reste de savoir si cette dynamique pourra se maintenir dans la durée, alors que les leviers fiscaux et réglementaires approchent de leurs limites.