Alors que la saison estivale approche, les possibilités de voyages aériens directs depuis la Russie se réduisent drastiquement. Selon les données de l'Association des tour-opérateurs de Russie (ATOR), seules trente destinations internationales seront accessibles sans correspondance au départ du territoire russe à compter du mois de juin. Ce chiffre marque une diminution de treize destinations par rapport à l'hiver précédent.

Une conjoncture défavorable

Plusieurs facteurs expliquent cette contraction de l'offre. Le blocage du détroit d'Ormuz, une voie de passage stratégique pour le transport maritime de pétrole, perturbe l'acheminement du carburant et provoque une flambée mondiale des prix de l'essence. Le kérosène, carburant essentiel à l'aviation, n'échappe pas à cette hausse. Parallèlement, les attaques ukrainiennes sur le sol russe ont entraîné l'annulation ou la modification de nombreux vols. Les compagnies aériennes russes ont ainsi dû supprimer la plupart des liaisons directes, les remplaçant par des itinéraires plus longs, avec des escales. Ces restrictions allongent les trajets de près de 50 % par rapport à la normale, selon des estimations rapportées par les médias.

La liste des trente destinations maintenues

L'ATOR a communiqué la liste complète des pays encore desservis en vol direct depuis la Russie pour le mois de juin. Il s'agit de l'Afghanistan, de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan, du Bélarus, de la Chine, de la Corée du Nord (République populaire démocratique de Corée), de l'Égypte, des Émirats arabes unis, de l'Éthiopie, de la Géorgie, de l'Inde, de l'Indonésie, de l'Iran, d'Israël, de la Jordanie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, des Maldives, de la Mongolie, du Maroc, d'Oman, de l'Ouzbékistan, du Qatar, de la Serbie, du Tadjikistan, de la Thaïlande, du Turkménistan, de la Turquie et du Vietnam. Cette sélection exclut de nombreuses destinations touristiques traditionnelles situées en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie de l'Est.

Des voyages plus longs et plus coûteux

Pour se rendre vers des pays non listés, les voyageurs russes doivent désormais passer par des hubs de correspondance comme Doha, Dubaï ou Istanbul. Ces escales allongent considérablement la durée des trajets et en augmentent le coût. Face à ces contraintes, les résidents russes se tournent de plus en plus vers le tourisme domestique. Les médias locaux ont observé une augmentation de près de 8,5 % du nombre de voyages à l'intérieur du pays.