Les discussions entre Washington et Téhéran ont franchi une étape importante, sans toutefois aboutir à un accord définitif. Le vice-président des États-Unis, JD Vance, a déclaré que « beaucoup de progrès » avaient été accomplis et que les deux parties étaient « en train de négocier certaines formulations ». Il a exprimé l’espoir que le président Donald Trump serait « en mesure d’approuver l’accord », tout en précisant que le dirigeant américain n’était pas encore prêt à le signer. De son côté, Donald Trump a indiqué qu’il se rendait dans la salle de crise de la Maison-Blanche « pour prendre une décision finale », selon ses propres termes.

Levée du blocus d’Ormuz et maintien des sanctions

La réouverture du détroit d’Ormuz, essentiel au transit de près de 20 % des hydrocarbures mondiaux, représente l’un des enjeux majeurs de ce conflit déclenché le 28 février. JD Vance a affirmé qu’en cas « d’accord final », les États-Unis « rouvriront le détroit d’Ormuz ». Toutefois, Donald Trump a tempéré ces espoirs en déclarant que les sanctions américaines resteraient « pleinement en vigueur » tant qu’un texte n’aura pas été signé. Selon des agences de presse iraniennes, le blocus des ports iraniens pourrait être « entièrement levé dans un délai de 30 jours », mais l’administration américaine n’a pas confirmé ce calendrier. Par ailleurs, Téhéran a demandé à Washington de renoncer à des demandes jugées « excessives ».

La question nucléaire n’est pas incluse dans le protocole actuel, selon les autorités iraniennes. Des discussions spécifiques devraient toutefois s’ouvrir dans les soixante jours suivant la signature éventuelle du protocole. Benjamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, a affirmé être convenu avec Donald Trump que tout accord final devait « éliminer entièrement la menace nucléaire ». Les médias iraniens citent des sources selon lesquelles l’Iran ne s’est pas engagé à céder des stocks nucléaires, retirer des équipements ou fermer des installations.

Contrôle du détroit et conflit de versions

Les positions restent éloignées sur le régime du détroit d’Ormuz. Donald Trump a évoqué un compromis « largement négocié » prévoyant sa réouverture, mais selon certaines sources iraniennes, le passage resterait sous contrôle de l’Iran. Le ministère iranien des Affaires étrangères précise que son pays ne perçoit pas de péage, mais des frais pour des « services de navigation ». Cette approche est contestée par plusieurs acteurs internationaux, qui la jugent illégale.

Sur le plan économique, l’Iran réclame le dégel de ses avoirs à l’étranger, bloqués par les sanctions, et conditionne tout accord à un déblocage partiel dès la première étape. Des divergences persistent, selon une source proche des négociations citée par l’agence Tasnim. Par ailleurs, des informations évoquent une levée temporaire des sanctions visant le pétrole, le gaz et les produits pétrochimiques pendant la poursuite des négociations.

Contexte militaire et réactions

Alors que les discussions diplomatiques s’intensifient, les opérations militaires se poursuivent. Israël a élargi sa « zone de combat » au Liban et mène des frappes. Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a déclaré : « Quand vous faites votre boulot, nos adversaires savent ce qui les attend. » Le général Philippe Sidos, ancien chef du bureau de liaison de la Finul, analyse que « l’Iran place ses pions » dans la région. Les autorités iraniennes, de leur côté, contestent la version des faits présentée par Donald Trump.

L’issue des négociations reste incertaine, mais les signaux émis ces derniers jours par les deux capitales suggèrent une volonté de parvenir à un texte, même si les conditions précises n’ont pas encore été arrêtées.