Les parlementaires de Louisiane ont définitivement adopté, vendredi 29 mai 2026, une nouvelle carte des circonscriptions pour la Chambre des représentants des États-Unis qui supprime l’un des deux districts à majorité noire de l’État. Le Sénat local a approuvé le texte par 28 voix contre 10, un jour après le vote de la Chambre des représentants de l’État, qui s’était prononcée presque strictement sur des lignes partisanes. Le gouverneur républicain, Jeff Landry, devrait promulguer la loi sous peu.

Cette refonte fait suite à l’arrêt rendu fin avril par la Cour suprême des États-Unis, qui avait invalidé la précédente carte électorale louisianaise en la jugeant constitutive d’un redécoupage racial illégal. La haute cour a dans le même temps relevé le niveau de preuve requis pour invoquer une discrimination en vertu de l’article 2 du Voting Rights Act de 1965, une mesure emblématique de la protection des minorités. Cette décision a ouvert la voie à des débats dans plusieurs États du Sud dominés par les Républicains sur l’opportunité de redessiner, voire de supprimer, les circonscriptions à majorité noire jusqu’alors protégées par la loi fédérale.

Primaires repoussées et avantage républicain

L’adoption de la nouvelle carte a été précédée d’une suspension des primaires pour les sièges à la Chambre, initialement prévues le 16 mai, alors que des dizaines de milliers d’électeurs avaient déjà renvoyé leurs bulletins par correspondance. À la demande du gouverneur Landry, le scrutin primaire a été repoussé au 3 novembre, soit environ six mois plus tard que les autres élections primaires de l’État.

La circonscription supprimée était celle du représentant Cleo Fields, un démocrate noir. M. Fields ne s’est pas encore prononcé définitivement sur son avenir électoral, mais la nouvelle carte le place dans un district remodelé qui favorise structurellement les Républicains. Les analystes estiment que cette refonte pourrait offrir un siège supplémentaire au Parti républicain dans la course à la majorité à la Chambre lors des élections de mi-mandat de novembre.

Conséquences juridiques et politiques

L’annulation de la carte précédente et l’exigence accrue pour prouver une discrimination ont été perçues comme un coup dur porté au Voting Rights Act. Plusieurs législatures républicaines du Sud examinent désormais la possibilité de suivre l’exemple de la Louisiane en révisant leurs propres cartes électorales. La Louisiane devient ainsi le deuxième État du Sud à approuver l’élimination d’une circonscription à majorité noire depuis le récent arrêt de la Cour suprême.

Le nouveau plan électoral, qui réduit la proportion d’électeurs noirs dans les districts redessinés, devrait entrer en vigueur dès la signature du gouverneur, scellant une recomposition politique majeure à quelques mois des élections fédérales.