La dispute entre Donald Trump et Giorgia Meloni a franchi un nouveau palier ce samedi 20 juin. Le président des États-Unis a doublé la mise en accusant la cheffe du gouvernement italien de l'avoir « sans cesse sollicité » pour une photographie au cours du sommet du G7 qui s'est tenu en France cette semaine. Ces déclarations interviennent après que M. Trump avait affirmé, dans une interview télévisée en Italie, que Mme Meloni l'avait « supplié » de poser avec lui, une assertion qualifiée d'« inventée » par l'intéressée.
Trump persiste sur Truth Social
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a précisé que la dirigeante italienne lui avait demandé « encore et encore » une photo pendant le sommet. Il a également lié cette querelle personnelle à des désaccords de fond sur la politique étrangère. Selon M. Trump, l'Italie n'aurait pas soutenu les actions militaires américaines contre l'Iran et aurait refusé de mettre à disposition ses pistes d'atterrissage ou ses pistes de décollage durant le conflit.
« Maintenant, après que les États-Unis ont militairement vaincu l'Iran, elle veut redevenir amie pour faire remonter ses sondages. Non merci !!! », a écrit le président américain, citant des difficultés politiques intérieures de Mme Meloni. Il a ajouté que celle-ci cherchait à sauver sa popularité en se rapprochant de Washington.
Meloni dénonce des propos « graves et offensants »
La Première ministre italienne avait déjà vivement réagi vendredi, qualifiant l'anecdote rapportée par M. Trump de « fabriquée de toutes pièces ». Elle avait dénoncé un manque de respect non seulement à son égard, mais envers l'Italie tout entière. Son ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé l'annulation d'une visite prévue aux États-Unis, jugeant les paroles du chef de l'État américain « graves et offensantes » pour le pays.
Le spectre du financement de l'OTAN
Donald Trump en a également profité pour raviver son grief récurrent contre les alliés européens au sein de l'OTAN. Il a rappelé que Washington dépense des centaines de milliards de dollars pour défendre des membres comme l'Italie, reprochant à Rome de ne pas contribuer suffisamment à l'effort collectif. Ce thème, qui avait déjà marqué son premier mandat, refait surface dans un contexte de tensions accrues entre l'administration américaine et plusieurs capitales européennes.
Une relation personnelle mise à mal
Jusqu'à présent, Giorgia Meloni, figure de la droite nationale-conservatrice, s'était posée en intermédiaire privilégiée entre Washington et l'Europe, cultivant des liens étroits avec l'équipe Trump. Ce récent incident semble marquer une rupture personnelle inédite entre deux dirigeants qui partagent pourtant une proximité idéologique. Les observateurs notent que la question iranienne et les divergences sur les contributions à l'OTAN pourraient durablement refroidir les relations bilatérales, au-delà de l'anecdote sur la photo.
Conséquences diplomatiques en vue
L'annulation de la visite d'Antonio Tajani constitue un signal fort de la part de Rome. La diplomatie italienne évalue désormais les suites à donner à cette escalade verbale. Aucune déclaration officielle n'a encore été faite depuis le palais Chigi, mais la presse italienne évoque une possible convocation de l'ambassadeur américain à Rome pour obtenir des explications. L'affaire, partie d'une simple anecdote de sommet, semble avoir ouvert une crise entre deux alliés historiques.