La start-up américaine Anthropic a porté de graves accusations contre le géant chinois du commerce électronique et du cloud Alibaba, l'accusant d'avoir obtenu un accès « illicite » à son modèle d'intelligence artificielle Claude. Les faits, révélés cette semaine, ont provoqué une onde de choc sur les marchés financiers et ravivé les tensions dans le secteur hautement concurrentiel de l'IA.

Selon des informations concordantes, Anthropic affirme que des employés ou des entités liées à Alibaba ont contourné les mesures de sécurité pour accéder sans autorisation aux données et aux algorithmes de Claude, l'un des modèles de langage les plus avancés au monde. La société californienne, fondée par d'anciens cadres d'OpenAI, n'a pas encore précisé si elle entend engager des poursuites judiciaires.

Alibaba dément catégoriquement

De son côté, Alibaba a immédiatement réagi en niant en bloc toute malversation. Dans un communiqué officiel, le groupe basé à Hangzhou a qualifié les allégations d'« infondées » et a affirmé respecter scrupuleusement les lois sur la propriété intellectuelle et la protection des données. « Nous prenons ces accusations très au sérieux et nous coopérerons pleinement avec toute enquête réglementaire », a ajouté un porte-parole, sans toutefois fournir de détails sur les éventuelles mesures internes prises.

Réaction boursière violente

L'impact financier a été immédiat. L'action Alibaba, cotée à la Bourse de Hong Kong, a plongé à son plus bas niveau depuis seize mois, perdant plus de 6 % en une seule séance. Les investisseurs redoutent que cette affaire ne dégénère en un conflit commercial et juridique de grande ampleur entre les deux entreprises, et qu'elle n'entraîne des sanctions ou des restrictions à l'encontre d'Alibaba sur le marché américain.

Un contexte de guerre technologique

Cette accusation intervient dans un climat de compétition acharnée entre les entreprises chinoises et américaines dans le domaine de l'intelligence artificielle. Pékin et Washington se livrent une bataille pour la suprématie technologique, chaque camp cherchant à protéger ses innovations et à limiter les fuites de savoir-faire. Anthropic, qui a récemment levé plusieurs milliards de dollars auprès d'investisseurs comme Google et Salesforce, est perçue comme un pionnier dans le développement d'IA dites « sûres » et alignées sur les valeurs humaines.

Si les accusations d'Anthropic se confirment, cela pourrait constituer un précédent judiciaire majeur et renforcer les appels à un encadrement plus strict des transferts de technologies sensibles entre les deux puissances. À ce stade, aucune plainte officielle n'a été déposée, et les autorités de régulation n'ont pas encore commenté l'affaire.