Un élan de solidarité se dessine
Les deux tremblements de terre d'une magnitude supérieure à 7, survenus mercredi à moins d'une minute d'intervalle à l'ouest de Caracas, ont provoqué des dégâts considérables. Selon les autorités vénézuéliennes, le bilan s'élève désormais à au moins 235 décès et plus de 4 300 blessés. Le président de l'Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, a indiqué que plus de 200 personnes restaient piégées sous les décombres et que 157 autres étaient portées disparues. Les villes portuaires de La Guaira et Catia La Mar, ainsi que la capitale, comptent parmi les zones les plus touchées.
Face à cette catastrophe, plusieurs gouvernements ont rapidement proposé leur aide. Les États-Unis, le Salvador et la République dominicaine ont été les premiers à annoncer l'envoi de secouristes et de matériel humanitaire, selon des déclarations officielles relayées ces dernières heures.
Washington promet un soutien logistique et financier
Le président américain Donald Trump a écrit sur les réseaux sociaux avoir « donné pour instruction à toutes les agences de notre gouvernement de se tenir prêtes à agir rapidement. Nous serons là pour nos nouveaux et grands amis ». Peu après, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé le déploiement immédiat d'équipes de recherche et de sauvetage, de ressources médicales et d'une aide humanitaire. Un responsable du département d'État, Jeremy Lewin, a précisé que la réponse américaine était coordonnée avec le gouvernement intérimaire de Caracas. Par ailleurs, Washington a débloqué 150 millions de dollars en faveur des organisations d'aide actives sur le terrain vénézuélien.
Les États-Unis entretiennent des liens renouvelés avec le Venezuela depuis l'opération militaire américaine qui a conduit au départ de l'ancien dirigeant Nicolás Maduro en janvier dernier. La présidente Delcy Rodríguez, installée après cette intervention, a décrété l'état d'urgence.
La diaspora se mobilise
Au-delà des gouvernements, la diaspora vénézuélienne s'organise pour venir en aide à son pays d'origine. Dans la ville de Doral, en Floride, où plus de 40 % des habitants sont d'origine vénézuélienne, une collecte de dons a été organisée. Simón Peña, un participant, a déclaré : « Je veux aider autant que possible et faire tout ce que nous pouvons d'ici. » Il a notamment apporté de l'eau potable, en attendant des nouvelles de proches toujours portés disparus.
Dans la région de Houston, au Texas, une autre communauté vénézuélienne s'est également rassemblée pour organiser des collectes de fonds et de matériel de première nécessité. Sur place, les bénévoles expriment leur solidarité par des slogans tels que « Nous sommes avec vous, Venezuela ».
Des défis logistiques considérables
Malgré ces annonces, la situation sur le terrain demeure critique. Les habitants de La Guaira déplorent une faible présence des secouristes et des autorités. Un médecin local, Isaac Miranda, a rapporté que dans son hôpital, 50 décès – principalement des enfants – avaient été enregistrés en quatre heures mercredi soir. « Un nombre énorme de personnes arrivaient chaque minute », a-t-il témoigné.
Des experts en gestion de catastrophes rappellent que les premières 24 à 48 heures sont cruciales pour retrouver des survivants. Selon le docteur Jarone Lee, professeur à Harvard Medical School, la « fenêtre d'or » de 72 heures maximise les chances de sauvetage.
Le Venezuela, riche en pétrole mais sortant d'une décennie de dépression économique, voit ses infrastructures – services de secours, hôpitaux, réseau électrique – mises à rude épreuve. Jankiel Rosenwald, conseiller de l'organisation d'aide World Vision, a estimé que « cela mettra tout en péril », alors que le pays était déjà fragilisé avant les séismes.
La coordination de l'aide internationale et la capacité des autorités à atteindre les zones les plus isolées constitueront les principaux défis des prochains jours.