Les trois partenaires de l'alliance Aukus ont dévoilé un nouveau projet visant à développer des drones sous-marins, dans le cadre du deuxième pilier de leur accord de défense. L'annonce a été faite ce samedi à Singapour, en marge du dialogue de Shangri-La, par les ministres de la Défense américain, britannique et australien.
Un premier projet concret pour le deuxième pilier
Ce programme consacré aux véhicules sous-marins sans équipage (UUV) constitue le premier projet emblématique du pilier dit « des capacités avancées » de l'alliance Aukus. Selon un communiqué conjoint, il s'agira de développer des « charges utiles et des systèmes de pointe » destinés à ces engins, qui pourront assurer des missions de protection des infrastructures sous-marines, de frappe, de surveillance, de reconnaissance et de logistique.
Le secrétaire d'État britannique à la Défense, John Healey, a précisé que son pays contribuera à hauteur de 150 millions de livres sterling (environ 201 millions de dollars) au projet. Il a également indiqué que ces drones seront équipés de capteurs et de systèmes d'armes, ce qui, selon lui, « donnera rapidement à nos forces des technologies de combat avancées ». La mise en service de cette technologie est attendue dès l'année prochaine.
Reconnaître les retards passés
Interrogé sur les critiques récurrentes concernant la lenteur des projets de l'alliance, John Healey a reconnu que « pendant trop longtemps, dans le cadre d'Aukus, nous avons trop parlé et trop peu livré », ajoutant que « cela a maintenant changé sous nos trois gouvernements ». Les ministres n'ont pas répondu à une question directe sur le rythme d'exécution des projets ni sur l'objectif explicite de contrer les activités sous-marines russes et chinoises.
Protéger les câbles sous-marins
Le ministre britannique a souligné que ces drones contribueront à faire face aux menaces pesant sur « nos câbles et pipelines sous-marins dont dépend une grande partie de notre vie quotidienne ». Cette annonce intervient un mois après que Londres a accusé Moscou de mener des opérations clandestines à proximité de ces infrastructures dans les eaux au nord du Royaume-Uni, accusations que la Russie a démenties.
Les trois partenaires estiment que ces efforts renforceront la dissuasion dans le Pacifique, l'Atlantique et les eaux du Grand Nord.
Le pilier nucléaire toujours en chantier
Parallèlement, les ministres ont fait le point sur le pilier un d'Aukus, qui prévoit la construction de sous-marins à propulsion nucléaire pour les flottes australienne et britannique. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que le plan de rotation des sous-marins nucléaires américains et britanniques en Australie était « toujours sur les rails », les premiers personnels de la marine américaine devant arriver sur le continent australien d'ici la fin de l'année.
Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a pour sa part indiqué que la base navale HMAS Stirling, en Australie-Occidentale, serait prête à accueillir cette force de rotation d'ici la fin 2027. Il a également assuré que « les travaux avancent bon train » pour la création d'un chantier naval en Australie-Méridionale, destiné à construire les futurs sous-marins du programme Aukus. M. Marles avait déclaré quelques jours plus tôt qu'il n'existait pas de « plan B » en cas d'échec de ce volet du partenariat.
Le contexte géopolitique
L'alliance Aukus, lancée en 2021, est largement perçue comme une réponse à l'affirmation croissante de la Chine dans l'Indo-Pacifique et aux tensions en mer de Chine méridionale. Les trois pays développent également, dans le cadre du deuxième pilier, des capacités dans des domaines tels que les missiles hypersoniques à longue portée, la robotique sous-marine et l'intelligence artificielle.