Le géant pharmaceutique allemand Bayer a finalisé la cession d'une participation minoritaire dans sa branche dédiée aux contraceptifs au fonds d'investissement américain Apollo Global Management, pour un montant total d'environ 3,4 milliards de dollars (3 milliards d'euros). L'opération, qui prend la forme d'un accord de financement structuré, marque une nouvelle étape dans la stratégie de désendettement du groupe de Leverkusen.
La transaction porte sur une part de l'activité de santé féminine de Bayer, qui commercialise notamment des contraceptifs oraux et des dispositifs intra-utérins. Dans le cadre de ce partenariat, Apollo apporte des capitaux qui permettront à Bayer de réduire sa dette nette, alourdie par les contentieux liés à son herbicide Roundup. Le groupe allemand conserve le contrôle opérationnel de l'activité concernée.
Détails de l'accord
Selon les termes du contrat, l'investissement d'Apollo est structuré sous forme d'une participation au sein d'une entité juridique distincte. Bayer reste responsable de la gestion quotidienne et du développement commercial. L'opération prévoit également un mécanisme de rachat, offrant au groupe allemand la possibilité de recouvrer l'intégralité de la propriété à l'avenir.
Cette cession intervient dans un contexte où Bayer cherche à alléger un endettement qui a atteint près de 34 milliards d'euros après l'acquisition de Monsanto en 2018. Le groupe a multiplié les cessions d'actifs non stratégiques ces derniers trimestres, tout en réduisant ses effectifs. La division santé féminine, bien que mature, génère des flux de trésorerie réguliers, ce qui en fait une cible attractive pour des investisseurs comme Apollo, spécialisé dans les financements adossés à des actifs.
Implications pour le marché
L'opération illustre l'appétit des fonds d'investissement alternatifs pour les actifs pharmaceutiques stables. Pour Apollo, il s'agit d'un placement dans un secteur à forte barrière à l'entrée, avec des revenus prévisibles. Pour Bayer, la transaction permet de renforcer son bilan sans perdre le contrôle d'une activité clé.
Les analystes financiers évaluent que ce type de montage permet à Bayer d'obtenir des liquidités à un coût inférieur à celui d'une émission obligataire, tout en évitant une dilution pour ses actionnaires. Le groupe conserve la flexibilité de racheter la participation d'Apollo une fois sa situation financière améliorée.
Contexte plus large
Cette annonce s'inscrit dans une série de cessions récentes chez Bayer. En 2024, le groupe avait déjà vendu sa branche de soins dermatologiques à un consortium de fonds. La pression judiciaire liée aux procès Roundup aux États-Unis continue de peser sur le cours de l'action, incitant la direction à accélérer les désinvestissements.
L'accord doit encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence dans plusieurs juridictions. Les deux parties espèrent boucler la transaction d'ici la fin de l'année.