La Banque de France, qui imprime chaque année 2,5 milliards de billets pour l’ensemble de la zone euro, s’engage dans une démarche environnementale visant à diminuer de 25 % l’impact écologique de sa production. Pour atteindre cet objectif, l’établissement prévoit d’utiliser exclusivement du coton biologique dans la fabrication des coupures et de réduire significativement sa consommation d’eau.

Un leader de l’impression monétaire

Avec un volume de production qui en fait le premier producteur de billets de l’Union monétaire, la Banque de France imprime pour le compte de la Banque centrale européenne et des banques centrales nationales. Cette activité industrielle, bien que discrète, génère un impact environnemental non négligeable, notamment par l’utilisation de coton conventionnel – matière première traditionnelle des billets – et par les importants besoins en eau des processus de fabrication.

Coton bio et réduction de la consommation d’eau

Les nouveaux billets seront fabriqués à partir de coton cultivé sans pesticides ni engrais chimiques, une filière dont l’empreinte carbone et la pression sur les ressources en eau sont moindres. Parallèlement, l’institution s’engage à réduire sa consommation d’eau lors des étapes de production, sans que les sources ne précisent l’ampleur de cette baisse. Ces deux leviers doivent permettre d’atteindre une réduction de 25 % de l’impact environnemental global de l’imprimerie.

Un engagement en phase avec les objectifs climatiques

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de verdissement des activités industrielles, y compris celles liées à la monnaie. Si la Banque de France n’a pas communiqué de calendrier précis, ce changement de matière première et l’optimisation des procédés hydriques constituent une évolution notable pour un acteur aussi central du système financier européen. L’adoption du coton biologique devrait également répondre aux exigences croissantes de traçabilité et de durabilité dans les chaînes d’approvisionnement.

Un signal pour le secteur

En tant que plus gros imprimeur de la zone euro, la Banque de France donne un signal à l’ensemble de la profession. La transition vers des intrants plus respectueux de l’environnement pourrait inspirer d’autres instituts d’émission, même si la fabrication de billets reste une activité hautement réglementée où la sécurité et la durabilité des supports priment. Le choix du coton biologique n’altère en rien les propriétés de résistance et d’hygiène des coupures, garantissant ainsi la continuité de leur usage quotidien.

Reste à savoir si cette réduction de 25 % sera suffisante au regard des objectifs climatiques de la France et de l’Union européenne, et si d’autres leviers – comme l’énergie utilisée dans les usines ou le transport des billets – seront également actionnés à l’avenir.