Les prix du pétrole ont effacé l'essentiel des gains enregistrés depuis le déclenchement de la guerre entre les États-Unis et l'Iran. Le baril de brut Brent, principale référence internationale, s'échangeait vendredi entre 72 et 73 dollars, soit un niveau comparable à celui qui prévalait avant l'ouverture des hostilités en février.
Ce repli marque un tournant psychologique pour les marchés et les consommateurs. Au plus fort du conflit, lorsque l'Iran avait bloqué le détroit d'Ormuz, le Brent avait bondi jusqu'à 118 dollars le baril. La flambée s'était répercutée sur les prix à la pompe dans le monde entier, alimentant des craintes de récession.
Réouverture du détroit et reprise du trafic
La baisse des cours s'est accélérée après l'accord intervenu à la mi-juin entre Washington et Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique pour environ 20 % de l'approvisionnement mondial en pétrole. La levée du blocus naval américain la semaine dernière a permis à plus de 330 navires de franchir ce goulet d'étranglement, selon la société d'analyse maritime Kpler. Pendant le pic du conflit, seuls quelques bâtiments osaient emprunter cette route chaque jour. Le trafic actuel reste toutefois inférieur d'environ la moitié aux volumes quotidiens d'avant-guerre.
Tensions persistantes
Malgré ces signes d'apaisement, la situation sécuritaire dans la région demeure précaire. Jeudi, l'armée iranienne a frappé un porte-conteneurs dans le détroit, provoquant une secousse sur les marchés. Le ministère iranien des Affaires étrangères a réitéré vendredi que « le passage en toute sécurité par le détroit d'Ormuz n'est pas garanti » pour les navires qui n'auraient pas sollicité au préalable l'autorisation de Téhéran. Le président Donald Trump a pour sa part affirmé qu'aucun péage, prime d'assurance ou droit de passage ne serait imposé aux navires empruntant cette voie.
Impact sur l'économie mondiale
Le retour des cours du pétrole à leur niveau d'avant-guerre offre un répit aux ménages, aux entreprises et aux gouvernements. Aux États-Unis, le prix moyen de l'essence était repassé sous les quatre dollars le gallon depuis la mi-juin, une première en plusieurs mois. En Europe et en Asie, la détente sur le brut se traduit par une baisse des coûts de transport et de production, susceptible de soutenir la croissance.
Des fragilités subsistent
Plusieurs facteurs pourraient toutefois inverser la tendance. La reprise du trafic dans le détroit d'Ormuz reste bien en deçà de la normale, et les armateurs demeurent prudents face aux exigences iraniennes. Par ailleurs, les négociations sur un cessez-le-feu durable n'ont pas encore abouti. Les marchés restent donc attentifs à tout nouvel incident susceptible de resserrer l'offre de brut.
En parallèle, la hausse de la production en Russie et en Iran – deux pays sous sanctions mais qui ont accru leurs exportations ces dernières semaines – contribue à l'abondance de l'offre et pèse sur les prix. Si cette tendance se confirme, elle pourrait maintenir les cours sous pression dans les mois à venir.