Une réforme qui change la donne
Dès ce vendredi 26 juin, quelque 850 000 élèves de troisième passent les épreuves écrites du diplôme national du brevet (DNB), dont les règles ont été considérablement modifiées pour l’édition 2026. Le gouvernement souhaitait rehausser le niveau de l’examen et a, pour ce faire, revu à la fois la pondération entre le contrôle continu et les épreuves terminales, le contenu de certaines disciplines ainsi que le barème d’admission.
Désormais, les épreuves de fin d’année comptent pour 60 % de la note finale, contre 50 % auparavant. Le contrôle continu n’en représente plus que 40 %, alors qu’il était jusqu’ici aussi déterminant que les examens. « On ne peut plus arriver le jour du brevet en l’ayant déjà », a commenté le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, pour résumer la logique de la réforme.
Une estimation d’un recul de dix points
Selon les projections réalisées par les services du ministère, le taux de réussite pourrait chuter d’environ dix points par rapport aux années précédentes. Le ministre a lui-même employé l’expression « une chute assez drastique » pour décrire les résultats attendus. « Il faut s’attendre à une baisse significative, et les projections indiquent une diminution de l’ordre de dix points », a-t-il précisé lors de ses interventions médiatiques.
Cette estimation inquiète les syndicats d’enseignants, qui redoutent un décrochage massif et s’interrogent sur les conséquences pour les élèves les plus fragiles. La réforme, assumée par le gouvernement, visait à rendre l’examen plus exigeant et à restaurer sa valeur, mais elle pourrait mécaniquement exclure une part importante de candidats.
Nouveau mode de calcul et nouveau barème
Le système de notation lui-même a été profondément transformé. Le brevet n’est plus évalué sur 800 points : désormais, l’élève est admis s’il obtient une moyenne finale égale ou supérieure à 10 sur 20. Par ailleurs, le contrôle continu n’est plus fondé sur l’évaluation du « socle commun » de connaissances et de compétences acquis durant tout le cycle 4 (de la cinquième à la troisième), mais sur les seules moyennes disciplinaires obtenues en classe de troisième.
Aux épreuves terminales, des changements sont également intervenus. L’épreuve de mathématiques comporte une nouvelle partie consacrée aux « automatismes », une série de questions courtes à résoudre sans l’aide de la calculatrice. Les candidats planchent ce vendredi sur le français, puis sur les sciences, l’histoire-géographie et l’enseignement moral et civique en début de semaine prochaine.
Un examen maintenu malgré la canicule
Alors qu’une vague de chaleur exceptionnelle touche actuellement la France, et que certains oraux du baccalauréat ont été décalés de quelques jours, le brevet reste programmé aux dates prévues. Le ministre a assuré que des mesures seraient prises pour limiter l’inconfort des candidats : distribution d’eau, possibilité d’aller se rafraîchir à tout moment pendant l’épreuve. « On va essayer de créer les conditions optimales ou les moins désagréables possibles pour qu’ils puissent composer », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il valait mieux maintenir les épreuves que les reporter au mois de septembre.
En 2019, sous le précédent ministre Jean‑Michel Blanquer, le brevet avait été repoussé de quelques jours en raison de la canicule, mais les épreuves se déroulaient alors en partie l’après-midi. Cette année, seule l’épreuve de sciences est prévue en début d’après-midi, les autres se tenant le matin.
Des syndicats inquiets
L’ampleur de la baisse attendue suscite des craintes dans les rangs des enseignants et des représentants de parents d’élèves. Pour certains syndicats, cette réforme, si elle vise à rehausser le niveau, pourrait pénaliser lourdement les élèves des établissements les moins favorisés, creusant encore les inégalités scolaires. Le gouvernement, de son côté, assume le pari d’une « exigence accrue » et juge nécessaire de redonner du sens et de la sélectivité à un examen qui, selon lui, avait perdu de sa valeur.
Les résultats de la session 2026 seront connus dans les semaines suivant les épreuves. Ils permettront de mesurer l’impact réel de la réforme et d’en tirer les premières leçons.