Le bilan humain de la saison des pluies en Côte d'Ivoire s'alourdit. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a annoncé mercredi 1er juillet, lors du compte-rendu du Conseil des ministres, que cinquante-neuf personnes avaient perdu la vie depuis le début des précipitations, à la mi-mai. Il a qualifié ce nombre de « particulièrement élevé », d'autant que la saison, qui s'étend habituellement de mai à juillet, n'en est qu'à ses débuts. Les recherches se poursuivent dans les zones touchées et les autorités redoutent que le bilan ne s'alourdisse encore.

Des pluies d'une intensité exceptionnelle

Cette année, la saison des pluies est décrite comme « particulièrement intense », en particulier sur la capitale économique, Abidjan, où vivent plus de six millions d'habitants. Selon le porte-parole, ces abondantes précipitations sont attribuables au dérèglement climatique. Lundi 29 juin, la ministre de la Cohésion nationale, Myss Belmonde Dogo, avait déjà fait état d'« une dizaine de morts » après une journée de pluies torrentielles. En l'espace de deux jours, dix personnes avaient trouvé la mort dans la seule ville d'Abidjan.

Des quartiers précaires en première ligne

Chaque année, les pluies provoquent des éboulements et des inondations qui tuent des dizaines de personnes, en particulier dans les zones les moins développées. L'urbanisation rapide d'Abidjan favorise l'installation de logements informels dans des secteurs inondables, malgré les risques. Le gouvernement mène depuis plusieurs années des opérations de « déguerpissement », consistant à expulser et démolir des habitations jugées précaires situées en zones à risque, dans le but de restaurer « l'ordre urbain ».

Le quartier d'Attécoubé, dans l'ouest d'Abidjan, est le plus touché, avec une vingtaine de décès. Le porte-parole a précisé que, dans cette commune, des habitants avaient « recolonisé » des sites d'où ils avaient précédemment été déplacés. En revanche, il a souligné que les zones où les résidents avaient respecté les consignes de sécurité et accepté d'être relogés n'avaient enregistré aucun décès lié aux inondations.

Un phénomène récurrent et aggravé

Les inondations meurtrières sont récurrentes en Côte d'Ivoire. En 2024, plus d'une vingtaine de personnes avaient péri, et une trentaine en 2023. Cette année, le bilan est déjà plus lourd, alors que la saison n'est pas terminée. Le phénomène dépasse les frontières ivoiriennes : le Ghana voisin a également subi des inondations, et des quartiers entiers d'Accra ont été submergés, causant des pertes humaines.

L'Afrique figure parmi les régions du monde les plus vulnérables aux événements climatiques extrêmes, alors qu'elle n'est responsable que d'une faible part des émissions mondiales de gaz à effet de serre. La situation en Côte d'Ivoire illustre les défis posés par l'urbanisation rapide et le changement climatique, qui accroissent la vulnérabilité des populations les plus pauvres.