Une chaleur extrême et des rumeurs virales
Avec des températures dépassant les 40 degrés Celsius dans une grande partie de l'Europe, la canicule de cette semaine a provoqué des records de chaleur et de nombreux incidents. La France a particulièrement été touchée, enregistrant mardi sa température la plus élevée jamais mesurée, tandis que des coupures d'électricité ont affecté des milliers de foyers. Plus de 55 personnes se sont noyées en tentant de se rafraîchir dans des plans d'eau, selon les autorités.
Ce contexte de stress thermique s'accompagne d'une vague de désinformation, un phénomène récurrent lors des épisodes climatiques extrêmes. Comme le souligne Anna Siewiorek, responsable de la résilience face à la désinformation climatique à la Fondation Climate & Strategy, les messages trompeurs prospèrent parce qu'ils « doivent entrer en résonance avec ce qui affecte directement les gens ». Selon elle, « nous ressentons les vagues de chaleur, les tempêtes ou les inondations – et nous sommes émotionnellement touchés parce que nous avons des craintes économiques, pour nos proches, pour les infrastructures que nous avons construites, et ainsi de suite ».
Une prétendue interdiction espagnole de la climatisation
Parmi les fausses informations les plus partagées, une publication vue plus de 800 000 fois affirmait : « L’Espagne interdit aux gens de régler leur climatisation en dessous de 27 °C ». Cette affirmation est totalement infondée. Aucune réglementation nationale de ce type n'est en vigueur dans le pays. Il s'agit d'une rumeur qui recycle une mesure obsolète, déjà démentie par les autorités espagnoles. La désinformation repose sur une confusion avec d'anciennes recommandations non contraignantes, mais aucune interdiction n'a jamais été appliquée.
Le mythe des ventilateurs électriques dangereux
Un autre mythe tenace concerne l'utilisation des ventilateurs électriques pendant les vagues de chaleur. Contrairement à ce qui est parfois avancé, les ventilateurs ne présentent aucun danger pour la santé lorsqu'ils sont utilisés correctement. Les autorités sanitaires rappellent qu'ils peuvent aider à la circulation de l'air et au confort thermique, à condition de rester hydraté et d'éviter une exposition directe prolongée à un courant d'air froid sur un corps en sueur. Aucune étude ne confirme un risque de « mort par hypothermie » lié à leur usage, un scénario souvent évoqué dans les messages trompeurs.
Le déni climatique : une constante
Enfin, la vague de chaleur a également ravivé le vieux poncif selon lequel le changement climatique serait un « canular ». Pourtant, les données météorologiques et les analyses scientifiques confirment que ces épisodes de chaleur extrême sont directement liés au réchauffement planétaire d'origine humaine. Les records de température successifs et l'intensité croissante des canicules ne laissent aucun doute sur la réalité du phénomène. Les allégations de « canular » sont systématiquement démenties par l'ensemble des académies des sciences et des organismes climatiques internationaux.
Face à cette désinformation, les experts appellent à la vigilance et à la vérification des sources, en particulier lors des crises climatiques où les émotions sont vives.