L'épisode caniculaire qui touche la France s'intensifie ce week-end. Météo-France a placé 35 départements en vigilance rouge, un niveau d'alerte maximal, pour la journée de dimanche. Les températures pourraient atteindre localement 40°C, suscitant une mobilisation accrue des pouvoirs publics et des élus.

35 départements en rouge, une situation inédite

La vigilance rouge concerne une large bande allant du Sud-Ouest au Centre-Est, englobant notamment les métropoles de Bordeaux, Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand. Dimanche, les maximales seront comprises entre 36 et 40 degrés, avec des pointes possibles au-dessus de ce seuil. Les nuits promises sont également très chaudes, avec des minimales qui peineront à descendre sous les 22 à 26 degrés, voire davantage en ville. Cet épisode de chaleur, particulièrement précoce pour un mois de juin, intervient alors que le pays connaît déjà une sécheresse marquée dans plusieurs régions.

Stéphanie Rist prête à fermer les écoles si nécessaire

Face à cette situation exceptionnelle, la ministre déléguée chargée de l'Éducation nationale, Stéphanie Rist, a indiqué qu'elle n'excluait pas de prendre des mesures radicales. "Si les conditions l'exigent, je n'hésiterai pas à fermer des établissements scolaires pour protéger les élèves", a-t-elle déclaré. Cette déclaration intervient alors que plusieurs académies ont déjà mis en place des protocoles spécifiques, avec des horaires aménagés ou la suspension des activités sportives en extérieur. La vigilance rouge implique en effet que toute activité peut représenter un danger pour la santé, et les enfants sont particulièrement vulnérables aux coups de chaleur.

David Belliard s'alarme pour Paris

De son côté, David Belliard, adjoint à la maire de Paris chargé des mobilités et de l'espace public, a exprimé ses craintes : "Nous sommes face à une urgence climatique qui se manifeste de plus en plus violemment. Paris n'est pas préparée à encaisser de tels pics de chaleur répétés." L'élu écologiste a notamment souligné les risques pour les personnes âgées, les sans-abri et les habitants des logements non adaptés. "Les îlots de chaleur urbains sont un véritable problème de santé publique", a-t-il ajouté, appelant à accélérer la végétalisation de la capitale.

Les autorités appellent à la plus grande vigilance

Les autorités sanitaires rappellent les consignes de prudence élémentaires : boire régulièrement de l'eau sans attendre d'avoir soif, se mouiller le corps plusieurs fois par jour, manger en quantité suffisante et éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes. Il est également recommandé de passer plusieurs heures par jour dans un lieu frais (magasins, bibliothèques, cinémas) et de donner régulièrement de ses nouvelles à ses proches.

Vers une coordination interministérielle ?

Alors que 60 départements avaient déjà été placés en vigilance orange en début de semaine, la situation a justifié la réunion d'une cellule interministérielle de crise, pilotée par le ministre de l'Intérieur Sébastien Lecornu. Cette cellule a permis de coordonner l'action des services de l'État, notamment pour la gestion des flux touristiques et le maintien des réseaux électriques, mis sous tension par la demande accrue en climatisation. Les préfectures des départements concernés ont été invitées à activer leurs plans de gestion de crise, en lien avec les communes.

Pour ce dimanche, plusieurs villes ont déjà annoncé des mesures exceptionnelles : ouverture nocturne des parcs et jardins, mise à disposition de salles climatisées, et distribution de bouteilles d'eau aux sans-abri. La journée s'annonce comme la plus chaude de l'épisode, et les autorités redoutent une surmortalité liée à la chaleur, notamment chez les personnes âgées et les malades chroniques.