Alors que plus de la moitié du territoire est placée en vigilance orange canicule, avec des températures dépassant localement les 40 °C, une cellule interministérielle de crise s’est ouverte en fin de matinée au ministère de l’Intérieur. Présidée par le ministre de l’Intérieur Sébastien Lecornu, cette réunion a réuni les principaux services de l’État chargés de la gestion de la vague de chaleur. L’objectif affiché était de coordonner les actions des différents ministères et des acteurs de terrain face à un épisode qui devrait encore durer plusieurs jours.

Mobilisation des secours et des associations

Sur le terrain, les associations humanitaires ont intensifié leur présence. La Croix-Rouge a ainsi déployé des maraudes dans plusieurs grandes villes pour venir en aide aux personnes sans abri, particulièrement exposées aux fortes chaleurs. Florent Vallée, directeur des urgences et des opérations de l’association, a rappelé que chacun doit adapter sa conduite face à cette situation : « Il faut que chacun adapte sa conduite », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de s’hydrater régulièrement et d’éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes.

Les sapeurs-pompiers sont également sur le qui-vive. Le risque de départs de feux de forêt et de végétation est accru par la sécheresse des sols et les températures élevées. Plusieurs départs de feu ont déjà été signalés dans le sud du pays, sans faire de victimes pour l’instant.

Les collectivités locales en première ligne

Les élus locaux, eux aussi, sont en alerte. Christophe Ramond, président du conseil départemental du Tarn, a assuré que « les acteurs sur le terrain sont mobilisés depuis de nombreux jours », évoquant les dispositifs mis en place dans les établissements pour personnes âgées et les centres d’hébergement. De son côté, Jean-François Vigier, vice-président de l’Association des maires de France, a estimé qu’il fallait « gérer l’urgence, mais aussi, d’une façon plus longue, l’adaptation de nos villes » face à la multiplication des épisodes caniculaires.

Des mesures locales pour faire face

Plusieurs municipalités ont pris des arrêtés spécifiques pour limiter les risques sanitaires. À Narbonne (Aude), la circulation torse nu dans l’espace public a été interdite, sous peine d’une amende pouvant atteindre 150 euros. La mesure vise à éviter les insolations et les coups de chaud chez les personnes qui cherchent à se rafraîchir de manière inadaptée.

À Toulouse, la Fête de la musique, prévue ce week-end, est maintenue mais des « mesures de protection » ont été mises en place : points d’eau, zones d’ombre et messages de prévention diffusés sur les lieux de concert. Les organisateurs appellent le public à rester vigilant.

Des professionnels éprouvés

Dans certains secteurs, la chaleur complique le travail. Les boulangers, dont les fours portent déjà la température ambiante à des niveaux élevés, témoignent de conditions particulièrement difficiles. « Devant le four, c’est particulièrement difficile », confie l’un d’eux. De nombreux commerces de centre-ville voient leur clientèle se raréfier aux heures chaudes, tandis que les restaurants et cafés équipés de terrasses ombragées ou de climatisation attirent davantage de monde.

La cellule interministérielle de crise doit poursuivre ses travaux dans les prochains jours, en fonction de l’évolution des températures. Météo-France prévoit un pic caniculaire dans les 48 heures, avant une dégradation orageuse attendue en début de semaine prochaine. Le gouvernement invite la population à consulter régulièrement les consignes sanitaires et à signaler toute personne en difficulté.