Le préfet de police de Paris a demandé, ce vendredi 26 juin, l'annulation de l'édition 2026 du festival Solidays, qui devait se dérouler jusqu'à dimanche à l'hippodrome de Paris-Longchamp. La Marche des Fiertés, prévue samedi 27 juin dans la capitale, est également visée par cette mesure. Les autorités sanitaires et les services de l'État jugent impossible d'organiser ces rassemblements dans un contexte de canicule extrême qui sature les hôpitaux franciliens.
Un ultimatum avant l'interdiction
La préfecture de police a laissé le choix aux organisateurs de renoncer d'eux-mêmes à leurs manifestations, faute de quoi elle prononcerait une interdiction formelle par arrêté préfectoral. Cette injonction intervient alors que Solidays devait ouvrir ses portes ce vendredi. La direction du festival a rapidement cédé, annonçant que l'événement était définitivement annulé. La Marche des Fiertés a également été déprogrammée.
Un risque sanitaire jugé trop élevé
Les autorités justifient cette décision par les risques encourus par le public et par la pression supplémentaire que ces grands rassemblements feraient peser sur un système de santé déjà au bord de la rupture. Le gouvernement a déclenché le niveau 3 du plan Orsan (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles) pour tenter de maintenir l'offre de soins, alors que les services d'urgence et de réanimation sont saturés dans la région parisienne.
Le docteur Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou, a estimé qu'il « n'est pas raisonnable de maintenir ni Solidays, ni la Marche des Fiertés ». Le médecin a souligné que les conditions climatiques extrêmes, associées à l'afflux de festivaliers et de manifestants, créeraient une situation dangereuse pour la santé des participants et aggraveraient la crise hospitalière.
61 départements en vigilance rouge
Ce nouvel épisode de canicule, qualifié d'historique par les météorologistes, place 61 départements en vigilance rouge ce vendredi. Le pic de chaleur a été atteint jeudi, après que la France a enregistré, mercredi, sa journée la plus chaude jamais relevée, effaçant un record déjà battu la veille. Plusieurs records de température ont été pulvérisés tous mois confondus, avec des nuits dites « tropicales » où le thermomètre ne descend pas sous un seuil élevé.
Des mesures d'urgence généralisées
Face à cette situation, la préfecture de police a également interdit toute consommation d'alcool sur la voie publique à Paris à partir de 12 heures, afin de limiter les hospitalisations liées aux malaises et aux déshydratations. Jeudi, environ 3 500 établissements scolaires ont fermé leurs portes et 10 000 autres ont adapté leurs horaires de fonctionnement. Malgré tout, plusieurs dizaines de milliers de collégiens passent ce vendredi les épreuves du brevet des collèges, qui n'ont pas été reportées. Plus de 55 décès par noyade ont été recensés depuis le 18 juin, un chiffre qui illustre la recherche de points d'eau dans un contexte de chaleur accablante.