Un an après son incarcération, le dossier de Christophe Gleizes se trouve désormais entre les mains du président algérien Abdelmajid Tebboune. Le journaliste sportif, âgé d'une quarantaine d'années, avait été interpellé en mai 2024 alors qu'il effectuait un reportage sur la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK). Condamné en première instance par le tribunal de Tizi Ouzou à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », il a vu sa peine confirmée en appel en décembre 2025.

La fin du parcours judiciaire

Le 3 juin 2026, un tournant est intervenu dans cette affaire. Les avocats de Christophe Gleizes ont annoncé que la Cour de cassation algérienne avait « définitivement statué » sur son dossier à la fin du mois de mai. Selon le communiqué publié par la défense, la haute juridiction a pris acte du désistement du pourvoi formé par le journaliste et a rejeté au fond un autre recours introduit par le parquet. Cette décision met un terme au débat juridictionnel. « L'avenir de Christophe Gleizes relève à présent des prérogatives discrétionnaires du président », ont souligné ses conseils.

La famille du détenu, et en particulier sa mère Sylvie Godard, place désormais ses espoirs dans une mesure de clémence de la part du chef de l'État algérien. En Algérie, les grâces présidentielles sont traditionnellement accordées à l'occasion des fêtes religieuses musulmanes ou lors de la fête de l'indépendance, le 5 juillet, date hautement symbolique qui marque la fin de la colonisation française en 1962.

Un soutien international qui s'organise

La cause de Christophe Gleizes a dépassé le cadre juridique pour prendre une dimension sportive et diplomatique. Alors que la Coupe du monde se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique, la Fédération internationale de football (FIFA) lui a accordé une accréditation pour l'événement, geste annoncé le 11 juin par Reporters sans frontières (RSF). Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a exprimé publiquement son souhait de voir le journaliste libéré : « Il y a un siège libre. J'espère vraiment que dans un grand acte d'humanité, on lui accordera une grâce présidentielle et qu'il pourra même nous rejoindre pendant la Coupe du monde », a-t-il déclaré.

Les journalistes sportifs se sont également mobilisés. Lors d'une conférence de presse précédant le match France-Sénégal, ils ont manifesté leur solidarité en portant des écharpes rouges entourées de barbelés, arborant la mention « Free Gleizes ». Le collaborateur des magazines So Foot et Society bénéficie aussi du soutien de RSF, qui réitère son appel à une « libération immédiate ».

Un contentieux franco-algérien qui persiste

L'arrestation de Christophe Gleizes s'est produite dans un climat de forte tension entre Paris et Alger. Son dossier demeure l'un des sujets de friction entre les deux capitales. Il a été évoqué début juin lors d'une rencontre à Paris entre le ministre de l'Intérieur algérien, Saïd Sayoud, et son homologue français, Laurent Nuñez. L'affaire avait également été abordée lors du retour de l'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, à son poste, après une période de crise diplomatique.

Alors que la communauté internationale et les milieux sportifs appellent à sa libération, l'issue de cette détention dépend désormais d'une décision discrétionnaire du président Tebboune, dont les proches du journaliste attendent un signe, en particulier à l'approche de la fête nationale du 5 juillet.