Un nouveau décès, un lourd bilan

Le 29 juin, un Palestinien âgé de 15 ans a été tué par des tirs de l’armée israélienne à Al-Bireh, une ville proche de Ramallah, en Cisjordanie occupée. Ce drame s’inscrit dans une série meurtrière qui, selon l’ONG israélienne B’Tselem, a coûté la vie à 240 enfants palestiniens depuis le 7 octobre 2023. Dans un rapport publié le 29 juin, l’organisation détaille cette hécatombe, attribuée en très grande majorité aux forces armées israéliennes et, dans une moindre mesure, aux colons.

Un rapport accablant

B’Tselem, organisation de défense des droits humains, impute cette escalade à la politique du gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahou, qu’elle accuse d’encourager l’implantation de colons en Cisjordanie. Selon le document, les enfants sont régulièrement visés lors d’opérations militaires, de raids nocturnes ou de tirs sur des véhicules. L’ONG souligne que l’armée fait usage d’armes létales dans des circonstances où la menace n’est pas établie, et que les colons, de leur côté, bénéficient souvent d’une impunité judiciaire.

Une position partagée par l’ONU

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lui aussi condamné ce qu’il qualifie d’« expansion et d’accélération implacables » des colonies israéliennes. Dans une déclaration récente, il a estimé que ces implantations constituent une violation du droit international et alimentent les violences contre les civils palestiniens, y compris les plus jeunes. La communauté internationale est régulièrement saisie de ces questions, mais aucune mesure contraignante n’a pour l’heure été prise à l’encontre d’Israël.

Des militaires rarement inquiétés

Les enquêtes ouvertes par l’armée israélienne sur des tirs ayant causé la mort d’enfants palestiniens aboutissent rarement à des poursuites, selon plusieurs rapports d’organisations humanitaires. L’absence de sanctions effectives nourrit un sentiment d’impunité parmi les soldats et les colons. Les familles des victimes, elles, dénoncent un processus de « déshumanisation » qui justifierait, aux yeux de certains responsables israéliens, l’usage d’une force disproportionnée.

Un contexte de violence généralisée

La Cisjordanie connaît une flambée de violences depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et la guerre qui s’ensuit dans la bande de Gaza. Les incursions de l’armée dans les villes et les camps de réfugiés se sont multipliées, tout comme les attaques de colons contre des villages palestiniens. Les enfants, souvent présents dans les rues ou aux abords des écoles, paient un lourd tribut à cette escalade. B’Tselem appelle la communauté internationale à exercer des pressions concrètes pour protéger les mineurs et mettre fin à ce qu’elle décrit comme une politique délibérée de l’État hébreu.

Un adolescent tué sous les yeux de sa famille

Le cas de l’adolescent d’Al-Bireh illustre le quotidien des Palestiniens. Selon des témoins, il aurait été abattu alors qu’il se trouvait sur le toit de sa maison, lors d’une opération des forces israéliennes. L’armée a affirmé avoir riposté à des tirs, mais cette version est contestée par les proches de la victime, qui décrivent un jeune homme sans lien avec des activités armées. Des organisations locales ont appelé à une enquête indépendante.