L’association QuotaClimat a annoncé, ce mercredi 1er juillet, avoir saisi le Conseil d’État pour contraindre l’Arcom à agir contre ce qu’elle considère comme de la désinformation climatique diffusée sur CNews. Cette décision fait suite au rejet, le même jour, d’un recours gracieux que l’organisation avait déposé en mars auprès de l’autorité de régulation.

À l’origine du litige figure une séquence du 22 novembre 2025, au cours de laquelle le philosophe Michel Onfray, intervenant sur CNews, a tenu des propos remettant en cause l’origine anthropique du réchauffement climatique. Il avait alors affirmé que le changement climatique serait dû à des phénomènes astrophysiques comme les « plurivers » ou les « multivers », contredisant le consensus scientifique sur le rôle des activités humaines.

QuotaClimat avait d’abord saisi l’Arcom à la suite de cette diffusion, sans obtenir de réponse. L’association a ensuite formulé un recours gracieux en mars, qui a été rejeté le 1er juillet. Le jour même de ce refus, l’organisation a porté l’affaire devant le Conseil d’État, réclamant que la juridiction constate que CNews a manqué à ses obligations légales d’honnêteté et de rigueur dans l’information, et qu’elle enjoigne à l’Arcom de reconsidérer sa position.

Un contexte de récidive

Ce n’est pas la première fois que CNews est épinglée pour des propos climatosceptiques. En 2024, la chaîne avait été condamnée à une amende de 20 000 euros pour une séquence similaire, sanction validée l’année suivante par le Conseil d’État après un recours de la chaîne. Selon les données de l’Observatoire des médias sur l’écologie, CNews concentrait à elle seule 174 des 665 cas de désinformation climatique recensés en 2025 dans les médias français.

Dans un communiqué, Thomas Chevandier, avocat et adjoint à la maire de Paris, a souligné l’urgence d’une régulation efficace : « Il faut que les chaînes prennent conscience que l’état actuel du droit ne leur permet pas de laisser prospérer des propos climatosceptiques sur leur antenne sans y apporter la moindre contradiction. »

Un enjeu démocratique à l’approche de la présidentielle

Pour QuotaClimat, la lutte contre la désinformation climatique revêt une dimension politique majeure, alors que la campagne pour l’élection présidentielle de 2027 s’annonce. L’association plaide pour une application stricte des obligations des diffuseurs, estimant que le laisser-faire du régulateur fragilise la confiance dans les médias et nuit au débat public.

Le recours devant le Conseil d’État ouvre une nouvelle phase dans ce dossier. La haute juridiction administrative devra déterminer si le refus de l’Arcom d’intervenir est légal et, le cas échéant, ordonner à l’autorité de réexaminer la plainte de QuotaClimat.