L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a infligé une nouvelle mise en demeure à CNews, la troisième depuis le début de l’année 2026. Cette sanction fait suite à un débat diffusé sur la chaîne, consacré à la campagne municipale de l’ancienne garde des Sceaux Rachida Dati. Le régulateur a estimé que ce programme avait manqué d’honnêteté, une obligation déontologique prévue par les conventions liant les chaînes à l’Arcom.

Les mises en demeure constituent un premier niveau d’alerte dans la procédure disciplinaire du régulateur. Si la chaîne ne se conforme pas aux injonctions, l’Arcom peut ensuite prononcer des sanctions plus lourdes, allant de l’amende à la réduction de la durée de son autorisation d’émettre. En l’espèce, l’Arcom a relevé que le traitement du sujet lors du débat n’avait pas respecté le principe d’honnêteté et de rigueur dans la présentation des informations.

Un précédent dans le viseur du régulateur

CNews fait l’objet d’une attention soutenue de l’Arcom depuis plusieurs années. La chaîne, propriété du groupe Vivendi, avait déjà été mise en demeure à deux reprises en 2026 pour des motifs liés à des séquences jugées défaillantes sur le plan du pluralisme ou de l’honnêteté de l’information. Cette troisième mise en demeure intervient dans un contexte politique tendu, alors que la période pré-électorale pour les municipales de 2026 accroît les exigences de neutralité et d’équilibre dans le traitement médiatique.

Le régulateur n’a pas précisé le contenu exact du débat incriminé, mais les obligations conventionnelles imposent aux chaînes d’information de veiller à une présentation loyale des faits et des opinions, notamment lorsqu’il s’agit de campagnes électorales. Les équipes de CNews disposent désormais d’un délai pour répondre aux observations de l’Arcom et, le cas échéant, adapter leurs pratiques éditoriales.

Une procédure qui pourrait se durcir

Si la chaîne ne se met pas en conformité, l’Arcom pourrait déclencher une procédure de sanction. Celle-ci peut aboutir à une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires de l’éditeur, voire, en cas de manquement grave et répété, à une réduction de la durée de la convention ou à une suspension d’autorisation. Les précédentes mises en demeure n’avaient pas conduit à de telles extrémités, mais la répétition des avertissements pourrait modifier l’appréciation du régulateur.

Cette décision de l’Arcom s’inscrit dans le cadre de ses missions de contrôle des médias audiovisuels, définies par la loi du 30 septembre 1986 modifiée. Le régulateur veille notamment au respect des principes de pluralisme, d’honnêteté et d’indépendance de l’information. La chaîne n’a pas encore réagi publiquement à cette nouvelle mise en demeure.