Alors que la Coupe du monde 2026 bat son plein, une polémique gronde en coulisses. Un groupe d’une cinquantaine de députés européens a écrit à la Fédération internationale de football association (FIFA) pour exiger une enquête sur le « prix de la paix » décerné à Donald Trump en marge du tournoi. Cette récompense, remise au président des États-Unis avant ou pendant la compétition, suscite l’incompréhension et l’indignation d’élus de plusieurs nationalités, qui s’interrogent sur les critères et la transparence de cette distinction.
Dans leur lettre, les parlementaires estiment que ce geste va à l’encontre des valeurs de paix et de neutralité que la FIFA prétend défendre. Ils rappellent que Donald Trump a mené une politique étrangère et intérieure controversée, notamment marquée par des tensions commerciales et des discriminations, et jugent que l’instance dirigeante du football devrait s’en expliquer. Les signataires, issus principalement de groupes politiques sociaux-démocrates, verts et libéraux, demandent que la FIFA rende public l’ensemble du processus ayant conduit à ce choix, ainsi que les consultations éventuelles avec les parties prenantes.
Une plainte parallèle auprès du CIO
Parallèlement à cette initiative parlementaire, une ONG a porté plainte devant le Comité international olympique (CIO) contre Gianni Infantino. L’organisation, dont le nom n’a pas été communiqué officiellement mais qui serait spécialisée dans la lutte contre la corruption dans le sport, accuse le président de la FIFA d’avoir joué un rôle dans l’attribution de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, en lien avec le « prix de la paix » controversé. Selon la plainte, cette récompense aurait pu influencer la décision des membres du Conseil de la FIFA, ce que l’instance dément catégoriquement.
Le CIO a confirmé avoir reçu ce document et a indiqué qu’il serait examiné conformément à ses procédures internes. Aucune date n’a été fixée pour une éventuelle enquête. La FIFA, de son côté, n’a pas répondu publiquement aux demandes des eurodéputés, mais des sources internes laissent entendre que la fédération juge cette polémique infondée et rappelle que le prix de la paix est une initiative indépendante, sans lien avec l’organisation du Mondial.
Un contexte de défiance envers la FIFA
Ces nouvelles critiques s’inscrivent dans un climat de méfiance récurrente envers les instances dirigeantes du football. Depuis les scandales de corruption qui ont secoué la FIFA en 2015, l’organisation peine à restaurer sa crédibilité. L’attribution de la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique avait déjà été entachée de soupçons, bien qu’aucune preuve de malversation n’ait été retenue.
Les eurodéputés soulignent que le prix de la paix, remis en présence de plusieurs chefs d’État, a été perçu comme une instrumentalisation politique du sport. Ils craignent que la FIFA ne se laisse dicter sa conduite par des considérations géopolitiques, au détriment de l’éthique sportive. Certains observateurs notent que Donald Trump a, par le passé, critiqué la FIFA et son modèle économique, ce qui rend d’autant plus surprenante cette reconnaissance.
Réactions attendues
À ce stade, ni la Maison-Blanche ni Donald Trump lui-même n’ont commenté la demande des parlementaires. Du côté de la FIFA, le silence pourrait durer encore quelques jours, le Mondial accaparant toute l’attention. Les eurodéputés ont promis de relancer leur initiative si aucune réponse n’est apportée d’ici la fin du tournoi.
Cette double pression – parlementaire et judiciaire – place Gianni Infantino dans une position délicate. Alors qu’il cherche à moderniser l’image de la FIFA et à élargir son influence, ces accusations pourraient ternir le bilan de sa présidence. L’affaire pourrait également rebondir au sein du Parlement européen, où une résolution réclamant plus de transparence dans les relations entre le football et le pouvoir politique est en préparation.