Les vagues de canicule qui frappent l’Europe depuis le début de l’été ont déclenché une augmentation spectaculaire des ventes de climatiseurs. Cette situation met en évidence la dépendance quasi totale du continent vis-à-vis des productions asiatiques, en particulier chinoises, pour faire face à une demande devenue cruciale pour la santé publique.
Alors que plus de 90 % des foyers américains et de nombreux pays asiatiques disposent d’un système de climatisation, seuls 20 % des ménages européens en sont pourvus. Les températures extrêmes de ces dernières semaines ont entraîné des ruptures de stock dans plusieurs pays, poussant les consommateurs et les institutions à s’équiper en urgence.
Une dépendance industrielle massive
La Chine assure à elle seule plus de 40 % des exportations mondiales de climatiseurs. En France, 82 % des appareils importés proviennent de Chine, de Corée du Sud ou de Thaïlande. Le marché français de la climatisation a quasiment doublé en un an, et le marché mondial dépasse désormais les 200 milliards de dollars.
Cette situation rappelle celle observée précédemment pour les masques de protection, les batteries électriques ou les panneaux solaires, où l’Europe s’est trouvée dépendante de fournisseurs asiatiques. La climatisation devient un équipement de plus en plus indispensable dans les hôpitaux, les Ehpad ou les écoles, renforçant l’enjeu de souveraineté industrielle.
Des alternatives pour s’adapter
Face à cette dépendance, les spécialistes de l’adaptation au réchauffement climatique insistent sur d’autres solutions. L’isolation des bâtiments, l’installation de protections solaires ou la végétalisation des villes sont présentées comme des moyens de réduire le recours à la climatisation tout en améliorant le confort thermique.
Les autorités européennes sont désormais confrontées à un double défi : répondre à une demande croissante d’équipements de refroidissement, tout en cherchant à réduire une dépendance industrielle qui pourrait s’avérer problématique en cas de crise d’approvisionnement.