Alors que les relations commerciales entre l'Union européenne et la Chine sont marquées par des tensions croissantes autour des surcapacités industrielles et des subventions chinoises, les deux parties cherchent à éviter une escalade par la voie diplomatique. Un signe de cette volonté d'apaisement est la rencontre qui s'est tenue entre Wang Wentao, ministre chinois du Commerce, et Robert Habeck, ministre fédéral allemand de l'Économie et de l'Énergie. Cet entretien, qui a eu lieu à Pékin, a été perçu comme une tentative de désamorcer les différends par le dialogue plutôt que par des mesures de rétorsion.
Ces échanges interviennent dans un contexte où l'UE multiplie les instruments pour se protéger des importations jugées déloyales, notamment dans les secteurs des véhicules électriques, de l'acier et des technologies vertes. Parallèlement, des initiatives législatives visent directement les plateformes chinoises de commerce en ligne. Ainsi, un texte législatif ciblant les géants de l'ultra-fast fashion comme Shein, Temu et Aliexpress doit être adopté ce lundi, illustrant la volonté de l'Europe de réguler les flux commerciaux tout en maintenant un canal de dialogue ouvert avec Pékin.
La stratégie européenne semble donc à double détente : d'un côté, l'adoption de mesures défensives pour contrer ce que Bruxelles considère comme des pratiques commerciales déloyales ; de l'autre, la recherche d'une solution négociée pour éviter une guerre commerciale ouverte. La rencontre entre Wang Wentao et Robert Habeck s'inscrit dans cette seconde approche, privilégiée par plusieurs capitales européennes, dont Berlin, qui entretient des liens économiques étroits avec la Chine.
Cependant, les positions restent éloignées sur des sujets clés comme la définition des surcapacités, les subventions accordées par l'État chinois ou les conditions d'accès au marché. Si le dialogue est en cours, des divergences subsistent au sein même de l'UE entre les partisans d'une ligne dure et ceux qui redoutent des représailles commerciales. La poursuite des échanges sera déterminante pour l'avenir des relations économiques entre les deux blocs.