Le président des États-Unis, Donald Trump, a signé vendredi 3 juillet 2026 des grâces présidentielles en faveur de onze individus. Neuf d'entre eux avaient été reconnus coupables d'infractions au Clean Air Act (loi sur la qualité de l'air), une législation environnementale fondatrice. La liste inclut également Adam Kidan, un contributeur financier important du Parti républicain, qui avait purgé une peine de prison pour son implication dans un système frauduleux aux côtés de l'ancien lobbyiste Jack Abramoff.
Des grâces liées aux émissions polluantes
Selon les informations communiquées par la Maison-Blanche, les neuf hommes graciés dans le cadre du Clean Air Act étaient poursuivis pour avoir neutralisé les systèmes de surveillance des émissions de leurs véhicules ou pour avoir commercialisé des dispositifs permettant de contourner ces systèmes. Ces pratiques, qui rendent les moteurs diesel beaucoup plus polluants, constituent une violation directe de la loi fédérale. L'un des bénéficiaires, Mackenzie Spurlock, originaire de Wasilla, en Alaska, avait été inculpé pour avoir retiré des dispositifs antipollution de ses véhicules.
Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a justifié ces décisions en affirmant que ces hommes avaient été « persécutés par l'administration Biden » pour avoir « réparé leur voiture ». Le président a minimisé la gravité des faits, présentant le Clean Air Act comme un instrument utilisé par son prédécesseur pour cibler des oppositions politiques. Cette annonce survient quelques jours après que M. Trump a signé un mémorandum enjoignant à l'Agence de protection de l'environnement (EPA) de reconnaître le droit des citoyens américains à modifier leurs véhicules comme bon leur semble.
Un contexte de dérégulation environnementale
Ces grâces s'inscrivent dans une série de mesures prises par l'administration Trump pour affaiblir les réglementations climatiques. En février 2026, l'exécutif avait déjà aboli les normes fédérales d'émissions d'échappement pour les voitures et les camions, tout en revenant sur une conclusion scientifique essentielle de l'ère Obama selon laquelle les gaz à effet de serre représentent un danger pour la santé humaine. Les milieux d'affaires et les républicains ont souvent dénoncé l'application du Clean Air Act comme une entrave au commerce et un fardeau excessif pour les utilisateurs de moteurs diesel.
La grâce accordée à un donateur influent
Parallèlement, Adam Kidan, un donateur républicain de longue date ayant soutenu les campagnes de Donald Trump, a bénéficié de la clémence présidentielle. M. Kidan avait été condamné à une peine d'environ deux ans et demi de prison pour son rôle dans une fraude impliquant Jack Abramoff, figure centrale d'un scandale de corruption à Washington au début des années 2000. Cette grâce intervient alors que l'administration est régulièrement critiquée pour l'usage discrétionnaire du pouvoir de clémence en faveur de proches politiques.
Portée et implications
En accordant son pardon à ces onze hommes, Donald Trump poursuit une politique de démantèlement des protections environnementales tout en récompensant un allié financier. Les critiques estiment que ces gestes affaiblissent l'état de droit et la lutte contre la pollution atmosphérique, tandis que les partisans du président y voient une correction d'injustices perpétrées par l'administration précédente. Les neuf grâces liées au Clean Air Act s'ajoutent à une précédente clémence accordée l'an dernier à un mécanicien diesel qui avait lui aussi neutralisé des systèmes antipollution. Le débat sur l'équilibre entre liberté individuelle et protection de l'environnement reste vif aux États-Unis.